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8 février 2017 3 08 /02 /février /2017 11:07

Au delà de la bombe et de l'affaire au sens propre du terme, la communication des protagonistes de l'affaire Fillon me laisse sans voix.

 

C'est tout ce qu'il ne faut jamais faire en matière de communication. On dirait un cas d'école fait exprès pour montrer tout ce qu'il faut éviter. En somme si vous évitez soigneusement chaque erreur de communication de cette affaire. Vous serez certainement le plus grand communicant qui existe en France et de par le monde.

 

Commençons par le commencement.

 

Comment est-il possible à l'heure actuelle de ne jamais briefé un candidat à la présidentielle. Un communicant ou un homme de confiance aurait dû passer en revue l'intégralité du parcours de François Fillon en entier et sans aucun mensonge, tout savoir sur lui dans ses moindres détails. Il est impératif de prévoir toutes les failles potentielles d'un candidat ou même d'un produit en général pour savoir où et par où les crises pourraient survenir. Qu'on ne vienne pas me dire que François Fillon n'a rien dit et que cela suffisait à mettre à défaut cette procédure. Elle n'a tout simplement pas été faite et la deuxième étape va vous l'expliquer pourquoi.

 

Comment est-ce possible que personne n'est rien vu jamais. L'affaire était l'éléphant dans un magasin de porcelaine, elle était devant les yeux de tout le monde en permanence. Moral, légal, peut importe en matière communicationnel c'était une bombe à retardement. Soit personne n'a pensé qu'elle pourrait péter, soit personne n'a osé dire au candidat ou à son staff que ça allait péter. En tout état de cause c'était un échec lui aussi.

 

Un échec ou s'adjoint l'incompétence. Un mois avant la sortie de l'affaire, les journalistes du Canard Enchaîné ont appelé François Fillon pour lui dire qu'ils enquêtaient sur ce dossier et lui demander ses déclarations. D'après eux il se serait "fermé comme une huître." Donc François Fillon sachant que cela allait sortir n'a rien dit, ou un membre de son équipe au courant de cette enquête ? Un suicide il n'a pas d'autres explications qui tiennent.

 

La crise ayant éclaté, le rejet de l'importance de l'affaire est la preuve de l'aveuglement total des équipes politiques comme l'entourage propre. L'impression de voir un groupe d'aveugles courant vers la falaise en riant. Un massacre. Personne n'a pris la mesure de l'affaire et personne n'a réagit comme il fallait. Par exemple personne n'a cherché à expliquer clairement, simplement les choses. Tout n'a tenu que dans les accusations des messagers de l'affaire, en y adjoignant des accusations de complot au passage et en considérant que ce n'était rien, puisque le système était ainsi.

 

Le pire ennemi de François Fillon c'est François Fillon. Tout au long de l'affaire François Fillon n'a fait que s'enfoncer lui même, donnant sans cesse toutes les munitions nécessaires contre lui. Évoquer ses enfants pour dédouaner sa femme, évoquer son compte bancaire unique alors qu'il était évident que c'était impossible. Son comportement aussi. Hautain, suffisant, arrogant. Lui qui passait pour la personne droite, calme, simple, limite ascétique, devient l'homme méprisant et méprisable aux yeux du public.
Un ami évoquait ainsi sa surprise.
"Comme ce type est passé aussi vite de Saint François d'Assise à Al Capone ?"
Et bien je dirais aussi et surtout par lui-même. Sans évoquer l'idée de son retrait de candidature son comportement était un modèle de ce qu'il ne faut pas faire. Que ce soit dans l'attitude ou dans le ton et le registre.

 

Rien n'était préparé. Que l'équipe n'organise pas un préparatif en cas d'attaque de la sorte paraît dingue mais le summum est atteint par le fait que dans la réponse rien n'était coordonné, personne n'était organisé et surtout personne ne dirigeait tout ça. C'est clairement visible tout au long de l'affaire. Les déclarations s'enchaînent dans une cacophonie totale et surtout dans des directions différentes. Le rôle potentiel de Pénélope Fillon change ainsi d'un interlocuteur à l'autre. Travaillant ainsi à Paris, puis en circonscription selon qui parle.
Dans ce genre de situation la clé est de répondre par un scénario complet et cohérent. Voir alternatif au scénario tissé par les les médias ou les enquêteurs au cas où. Le scénario proposé n'a rien de complet, il est constellé de bribes. Il n'y a rien de cohérent, tout s'effondre sans cesse comme un château de cartes.

 

Au surplus même dans notre monde actuel constellé de réseaux sociaux, de médias de divers ordres. Il faut encore et toujours minimiser les sources d'information mais surtout pas limiter voir supprimer l'information officielle. Car en l'occurrence nous avons eu le droit à des tas d'acteurs s'exprimant sur le sujet mais qui ne disaient rien et évitaient de répondre.
Conséquence comme le secret de l'instruction est devenu un mythe un autre scénario peut tranquillement s'alimenter par d'autres sources d'information, par d'autres canaux, qui eux paraissent cohérents et complets.

 

Enfin les réponses furent tellement hors de propos. A l'heure actuelle une conférence de presse ? A l'heure actuelle, une intervention rapide au journal de 20h et aux micros de médias ? Vraiment ? Tout cela est tellement raté. Il aurait fallu se donner l'occasion d'un entretien bien plus long, avec un unique interviewer (intervieweuse) afin de contrôler cet entretien en même temps. Complet, fort et préparé, fortement préparé surtout. L'accusation des médias, le refus de répondre aux questions. Ce sont les pires choix possible.

 

Franchement dans cette communication au moins rien n'est à sauver. Au contraire tout est à jeter. Une catastrophe.

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