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11 mars 2012 7 11 /03 /mars /2012 13:59

 

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Je reprends la plume (enfin dirais-je presque et heureusement dirait mon maigre auditoire. Merci Maman!) pour vous parler d'un cas étranger et insaisissable : le cas Guaino.

 

Je sais qu'à la sortie de la polémique sur la viande Halal ou Claude Guéant nous a gratifié d'un nouveau dérapage (pléonasme me diront certains et sans doute à raison, quoi que nous y reviendrons un jour), que même le réservé François Fillon y est allé de son couplet et que les Morano, Besson, Hortefeux reste des têtes de Turcs attitrées des commentateurs. Avec une telle facilité que bien qu'ils donnaient le bâton pour se faire battre, l'exercice apparaît semblable à du tir au pigeon à la gaitling dans un couloir d'un mètre de large. Donc je sais que dans ce contexte, l'intérêt pour Henri Guaino apparaît plutôt réduit et même parfois inutile. Nous allons essayer de vous montrer qu'il n'en est rien.

 

Personnellement je ne me considère et espère encore plus à l'avenir comme quelqu'un de l'ombre. Quand certains enfants rêvent de gloire, de succès, je préférais l'arrière-cour et les coulisses. Quand on rêvait de César, Napoléon, Alexandre le Grand, je m'imaginait Machiavel, Aristote et Talleyrand. Sans me comparer à leur immense génie, le mien étant ridicule cela va s'en dire, ces figures n'inspirent cent fois plus encore qu'elles soient passées elles aussi dans la lumière en étant le conseiller.

 

Le conseiller le mot est lâché. Dans cette figure nous retrouvons souvent l'image exécrable du marionnettiste qui contrôle tout le monde et manipule la réalité, du Deus Ex Machina coupable de faire et défaire la réalité à son gré. L'ignoble Raspoutine est ici porté comme l'épouvantail des futurs cauchemars des pourfendeurs du conseiller.

 

A contrario le conseille pour moi celui qui peut informer le souverain ou le leader politique de ce qu'il n'arrive pas lui-même à saisir. On a tôt fait de considérer le politique comme un être omniscient mais il en n'en est rien, il reste humain et comme tout humain, imparfait surtout quand il s'agit de se juger, au surplus cela paraît comme une évidence lorsque l'on connaît l'égo sur-dimensionné des politiques. Il a donc besoin d'un ou plusieurs conseillers pour le ramener à l'a raison.

 

Là où la chose coince est plus particulièrement pour le cas Guaino c'est que la définition du conseiller c'est une tautologie de le dire c'est de conseiller. Il est possible qu'il soit à la fois politique et conseiller même si le résultat n'apparaît guère probant. En tout état de cause sauf cette exception le rôle du conseiller est d'être dans l'ombre. Certes il y une dimension tactique à tout cela. En restant dans l'ombre le conseiller évite de révéler quoi que ce soit sur celui dont il a l'écoute. Jacques Pilhan dont la figure et le modèle sera notre fil conducteur dans ce billet fut ulcéré en voyant la seule photo où il apparaissait. L'ignorance comme le savoir étant une arme, le conseiller vivait heureux, caché.

 

L'autre raison qu'impose au conseiller cette ombre c'est sa légitimité. Si j'accorde bien plus de caractère positif à cette fonction je lui en déni une de suite, la légitimité de s'exprimer en public, en tout cas durant le mandat de son champion. L'unique légitimité qui devrait exister en démocratie devrait elle celle des urnes. Car elle permet de sanctionner la compétence car en tout ce qui apparaît comme compétence de la personne. Je ne nie pas du tout le droit à des spécialistes d'un domaine de donner leur avis au contraire. Mais leur statut est différent. Ils représentent là un savoir ou ici la société civile. Le conseiller qui s'exprime est le politique au sens du politicien, sans la sanction des urnes. De quel droit ce personnage dont l'accès à la fonction est très versatile, pourrait donner son opinion ? Le cul entre deux chaises il se prévaut à la fois des prérogatives de spécialiste et de politique, usant des avantages des deux fontions sans en avoir les inconvénients.

 

Henri Guaino semble le paroxysme de cette situation. Intervenant dans de nombreux médias qui se délectent de pouvoir entendre parfois des confidences de coulisse de campagne ou ce qu'ils imaginent être une parole différente, vraie car moins politique. Et à ce sujet son intervention lors du meeting de Villepint en est l'incroyable démonstration.

 

Je suis trop jeune pour avoir vu comment agissaient à ce sujet Alain Minc ou Jacques Attali mais si ce fut dans la même logique je ferais la même conclusion. Ils n'avaient pas à s'exprimer.

 

Pour Henri Guaino il y a au surplus quelque chose d'ubuesque à le voir critique un élu cette fois sur sa légitimité à lui.

 

 

 

 

En langage vulgaire on dit que c'est l’hôpital qui se moque de la charité. Dans mon langage je dis que c'est une connerie.

 

Le plus étrange dans cette affaire c'est que cela semble une tendance générale qui se tient dans le même process que la disparition public-privé, politique-psychologique, conseillers-hommes politiques. En somme Henri Guaino n'est que la figure de proue, la tête de pont désinvolte de cette tournure. Je sais que sans doute je rame à contre-courant mais qu'importe, la politique est si ce n'est un métier, une fonction et le mélange des genres devrait être le plus possible banni.

 

Quelques mots pour conclure. Je n'ai pas une foi relayerf le fond de la pensée ou de l'expression d'Henri Guaino. Tout simplement parce qu'importe ce fond, car le contexte importe plus. Un conseiller n'a pas à s'exprimer et certainement pas de la sorte. Si Jacques Pilhan fut décrié et sans doute à juste titre il eut sur ce point mille fois raison.

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Published by respolitica.over-blog.fr - dans Morale et politique
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