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25 avril 2011 1 25 /04 /avril /2011 09:44

 

 

293294-160928-jpg_177877_434x276.jpgPetit retour en arrière. Nous sommes le 13 avril 2011. Ville de Sevran en Seine-Saint-Denis. Le maire, Stéphane Gatignon était un ancien membre du Parti Communiste français, en novembre 2009 il avait choisi de rompre définitivement avec celui-ci et de rejoindre le rassemblement d'Europe Écologie. Ce jour d'Avril c'est cette ville que choisi Nicolas Hulot pour lancer sa candidature à la présidentielle française. Stéphane Gatignon et Nicolas Hulot se sont entendu pour cela. Le moment est important, pour l'animateur, pour le mouvement d'Europe Écologie, mais aussi pour les médias. Il doit marquer le lancement d'une campagne, il doit frapper les esprits.

 

Résultat.

 

Un homme stressé, angoissé, devant un fond bleu terne, qui ne répondra à aucune question et partira rapidement sur son scooter électrique. Pas de fête, pas de flonflons, même pas bio. Le sentiment d'un pétard mouillé envahit notamment les rédactions. Bien évidemment il ne fallait pas s'attendre à la grande déconne, à l'explosion de joie et même au fait que Nicolas Hulot débatte, il ne s'agissait là que d'une déclaration de candidature, mais la froideur est importante et ne tranche guère dans le paysage écologiste.

 

Depuis le lancement du mouvement de l'écologie politique en France, que l'on peut à peu près situé en 1974 soit la candidature de René Dumont à l'élection présidentielle, celle-ci s'est toujours montré comme différente, voulant bouleverser les dogmes établies, en somme révolutionnaire au sens de changement, de bouleversement même. L'écologie paraissait alors être l'âme de doux rêveurs, les mouvements New Age, néo-ruraux et hippies concevaient un monde différent, qui n'était pas fondé sur le profit et la réussite à tout prix et qui n'imposait pas non plus l'action violente ou encore l'établissement d'un état strict. Une sorte d'utopie libertaire et bienveillante. Mais l'écologie se trouvait dès l'origine face à un paradoxe.

 

L'ensemble des partis politiques classiques, auxquels ils s'opposaient donc percevait le plus souvent le progrès comme une chance, le progrès technologique, le progrès industriel, le progrès économique ou encore le progrès social. Le progrès est en soit une notion méliorative. Il vient de progressus qui renvoie à l'idée d'avancer, d'améliorer vers un stade meilleure. Le progrès est donc dès l'origine valoriser.

 

Là où les écologistes commencent à se placer c'est sûr l'idée qu'il y aurait une qualité au progrès en somme le progrès ne serait pas bien en soit mais parce qu'il apporte quelque chose. Mais s'il y a du bon progrès il y aurait nécessairement du mauvais progrès. On trouve aussi cette vision des choses dans une nouvelle culture qui semble rassembler l'ensemble de la société mondiale « l'individuo-globalisme. » Ce terme que nous devons à Raphaël Logier signifie la conjonction d'un souci de soi (par le bien du bien-être, de la créativité et de la connaissance de soi) et la conscience du monde. Nous serions en somme un être indépendant dans un tout global. Pour Lioger c'est aussi ce qui expliquerait l'attrait que pût avoir le bouddhisme tibétain. De la même manière qu'il y aurait un bon et un mauvais progrès il y aurait des bonnes et des mauvaises sciences, il y aurait d'un côté l'homéopathie, la théorie des cordes,... et de l'autre celle qui aurait inventé les OGM, la bombe nucléaire.

 

Dans cette mouvance générale les écologistes venaient de replacer la morale et la valeur au centre du débat. L'action politique tout comme l'action scientifique ne pouvait plus être immorale et sans valeur. Il fallait donc contrôler a priori les actions et s'assurer de cela. Le mouvement parvenait aussi à atteindre le tour de force d'allier actions spectaculaires : arrachages d'OGM, campagnes chocs, sit-in ; et valeurs prônant un retour à un ordre moral. Il replaçait aussi l'être humain qui se croyait comme Descartes l'imaginait maître et possesseur de la nature, dans celle-ci, peut-être au cœur mais certainement pas au-dessus d'elle. Bien évidemment la prise de conscience écologique ne date pas de l'existence du parti des Verts en France mais la diffusion de son message politique au plus grand nombre commence à se placer à cet époque.

 

Mais l'écologie fait-elle rêver ? Fait-elle penser réellement à un autre idéal ? Il faut là aussi revenir au sens du mot que nous avions évoquer plus haut. Révolution. Du latin revolvere, rouler en arrière. La Révolution n'a pas nécessairement le sens qu'on lui donne parfois de détruire les dogmes établis, une sorte de moyen de casser ce qui existait. Elle peut-être un simple retour en arrière.

 

L'écologie politique semble être l'ouverture encore plus grande de cette dogmatisation du processus de prise en compte que le progrès n'est pas bien en soit, qu'il a une qualité. En effet des personnalités proposant une valorisation, une amélioration de nos actions et une attention à l'avenir basculent souvent dans un certain conformisme à son contact. Yannick Jadot ancien directeur de Greenpeace France devenu député européen, José Bové, porte-parole de la confédération paysanne. Que l'on soutienne ou non leurs combat, la forme de ceux-ci montraient clairement un renouvellement et un non-conformisme aux codes de l'action publique. Ils présentaient un caractère clairement anti-conservateur.

 

Mais c'est à se demander si l'anti-conservatisme d'avant n'est as devenu le conservatisme de maintenant lorsque l'on voit que les deux candidats à la primaire Europe Écologie – Les Verts semblent du moins en apparence nettement conservateurs.

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Published by respolitica.over-blog.fr - dans Morale et politique
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commentaires

Aurélien Terrassier 25/09/2014 14:39

Une partie des écologistes politiques, associatifs et intellecutels ont instauré leur bien-pensance contre certaines vérités générales et le débat scientifiques et ont aussi instauré un lobby bio
ces dernières années. S'opposant aux Ogm, au nucléaire, au gaz de schiste ou encore aux nanotechnologies quitte à être parfois contre la recherche au profit des lobbys industriels qu'ils prétendent
combattre, ça ne passe pas toujours non plus auprès d'une grande partie de l'opinion publique qui se rend bien compte que certains prônent un capitalisme vert en promouvant une écologie punitive
avec un vide sidéral en matière industriel tout en rejetant parfois la recherche technique et scientifique. S'il faut trouver des alternatives au nucléaire et gaz de schiste et passer à la première
à la seconde génération d'ogm pour leurs expérimentations, il convient tout autant de dire que les énergies renouvelables et l'alimentation bio ont aussi des défauts et ne sont pas profitables à
tous non plus! Une autre écologie qui ne serait pas réactionnaire mais progressiste, humaniste et qui ne rejette pas la science est-elle possible?Je pense que oui mais ça ne se fera pas du jour au
lendemain.

Loris 25/04/2011 16:12


Ah parce que l'homéopathie est une bonne science (euh... c'est une science déjà?!) et les OGMs une mauvaise? Les écologistes sont surtout des gens qui se veulent juges du progrès mais qui ne jugent
que sur la seule base de leurs préjugés, bien loin de toute réalité scientifique...


respolitica.over-blog.fr 25/04/2011 16:22



Je donnais leur pensée pas la mienne.