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1 juillet 2014 2 01 /07 /juillet /2014 20:51

logoVendredi 27 juin à 17H je présentais au NUMA lors de Pas Sages en Seine 2014 un projet de recherche sur les liens éventuels entre Libertariens d'un côté et hackers de l'autre côté. Vous pouvez d'ailleurs mon magnifique travail et mon allure de dandy en ce lieu.



Un événement très agréable, frais, ouvert et enrichissant, comme à chaque édition. Je recommande d'ailleurs de regarder l'ensemble des vidéos évidemment.



L'intervention et la présentation fait suite donc à un projet de recherche dont j'élabore progressivement la construction notamment en co-construction lors d'interventions. Je remercie aussi les organisateurs de la Hacker Space Fest où j'ai pût présenter une première version du projet de recherche et où les échanges apportèrent beaucoup au projet.



Suite à mon intervention émaillée de nombreuses références et après plusieurs demandes j'ai pensé qu'il ne serait pas inutile de faire un article récapitulatif des références citées.



Alors allons-y.



La première référence est l'entretien de Okhin de Telecomix à Ragemag, titré "Je suis anarchiste". L'intérêt venait de l'assertion de la terminologie anarchiste bien que sur-valorisée par le titre. On retrouve en effet le plus souvent cette définition politique comme la définition de quelques acteurs hackers. C'est souvent une définition minimum ou à défaut.



Cette définition me paraissant légère et parfois en contradiction avec les actions et les comportements de la culture hacker je me suis penché sur le mouvement libertarien. Je conseille donc comme référence les deux excellents livres de Sébastien Caré.

La pensée libertarienne : Genèse, fondements et horizons d'une utopie libérale, Presses Universitaires de France, 2009

Les libertariens aux États-Unis : Sociologie d'un mouvement asocial, Presses Universitaire de Rennes, 2010

 

Quelques références des auteurs libertariennes pour ceux qui voudraient pousser la question.

  • Freidrich Hayek, La route de la servitude et Droit, législation et liberté

  • Robert Nozick, Arnarchie, Etat et Utopie (proche du courant minarchiste)

  • Murray Rothbard, L'Ethique de la Liberté (il y défend un anarcho-capitalisme fondé principalement sur les droits naturels)

  • Ayn Rand, Atlas Shrugged et The Foutainhead, ou encore La vertu d'égoïsme (philosophie rationaliste qu'elle a dénommée objectivisme, c'est le livre qui selon une étude aurait le plus influencé les américains après la Bible)

 

On retrouve aussi des références plus générales sur la culture américaine. Celle tout d'abord de Ralph Waldo Emerson, poète chef de file du mouvement transcendantaliste et celle de Henry David Thoreau avec La désobéissance civile qui influencera d'ailleurs à la fois le mouvements libertarien mais aussi les mouvements altermondialistes.

 

La confrontation des deux univers m'a amené à m'interroger via notamment les principes de l'éthique hacker développés par Steven Levy. Que l'on retrouve dans l'excellente version française, L'Éthique des hackers, traduit de l'anglais par Gilles Tordjman, Globe, 2013.

 

Dans la même idée Patrice Flichy dans son ouvrage L’imaginaire d’Internet, La Découverte, 2001 restitue une enquête sur le magazine Wired, montrant que ses lecteurs se définissent comme « libéral, progressiste, libertarien, anarchiste et conservateur ». A la suite de cela j'ai découvert un excellent article dans la même idée de Michaël Vicente dans la revue Multitudes en 2009 :

« Google est-il « libertarien » de gauche ? »

 

Cet article fut une grande source de très bonnes références et notamment celles qui développe la théorie de « l'idéologie californienne » portée justement fortement par Wired et que l'on retrouve énormément chez Google et Facebook. C'est à dire le « mélange singulier concocté par Wired entre visions techno-utopiques, pratiques libertariennes et esthétiques contre-culturelles » Fred Turner, Aux sources de l'utopie numérique : De la contre-culture à la cyberculture, Stewart Brand, un homme d'influence, C&F Éditions.

 

La grande référence de cette théorie de l'idéologie californienne est Richard Barbrook et Andy Cameron, The Californian Ideology. Toutes les versions sont d'ailleurs sur le site du Hypermedia Research Centre.

 

Michaël Vicente critiquait la terminologie retenue de communisme par les auteurs et privilégiait celui de libertarianisme de gauche notamment pour Google. Il s'appuie là sur le travail de Michael Otsuka Libertarianism without Inequality Oxford, Oxford University Press, 2003.

 

La présentation se poursuivait par noms de personnalité du mouvement hackers et proches ou membre du mouvement libertarien. Je citais alors les excellentes émissions de Rendez-vous avec X sur les lanceurs d'alerte, ceux ayant précédé Snowden au sujet de la NSA, Martin et Mitchell et Snowden lui-même.

 

Un article récent de David Golumbia, dont Hubert Guillaud fit une excellente présentation et réflexion arriva à point nommé pour alimenter ma réflexion. Vous le trouverez dans la revue socialiste américaine Jacobin. Auteur de La logique culturelle de l'informatique présentait une place colossale des libertariens notamment au fondement de l'informatique et d'Internet.

 

En France la place et la visibilité du mouvement libertarien et du mouvement libéral en général se retrouve beaucoup sur Internet. Citons par exemple :

 

A la suite de ça je présentais aussi le livre, Libres ! 100 idées, 100 auteurs, publié en 2012. Beaucoup mis en avant dans la communauté libérale au sens large en France. Libre de droits, une version électronique existe. Une suite Libres !! fut publiée en 2014.

 

Pour étudier les valeurs de la culture Hacker j'ai pensé m'appuyer sur l'excellent ouvrage de David Peyron, Culture Geek, paru FYP Éditions en 2013.

 

Voilà rapidement brossé les différentes références utilisées. J'espère ne pas en avoir oublié. Au plaisir en tout cas de retours sur la réflexion. De mon côté bien évidemment cela ne fait que commencer !

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Published by Respolitica - dans NTIC
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