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6 février 2011 7 06 /02 /février /2011 09:39

 

michele_alliot-marie-2-ff8e4.jpg

 

 

L'expression est de la ministre des affaires étrangères elle même.

 

Article de libération

 

Elle désigne là un acharnement sur sa personne. En effet le terme de vient de l'anglais bash, frapper, cogner. C'est l'agression gratuite et parfois violente sur quelqu'un. Michèle Alliot-Marie prise dans la tourmente de l'affaire de l'avion tunisienne serait donc victime d'un acharnement.

 

La justification de cette théorie tiens donc de l'idée que les critiques viennent forcément de personnes qui veulent du mal. C'est étonnant notre société qui imagine toujours comme mal intentionné ou ayant des a priori quelqu'un qui critique. Comme si lorsque l'on exprimait une critique on était forcé mû par un vice particulier. J'exprimais déjà cette idée en partie lors de mon article Du bouffon et du roi. Mais il n'est pas inutile de l'affirmer plus fort encore et de faire remarquer que cela conduit à décridibiliser toute critiques et de ne les voir mus que par la haine et non la raison. L'émission de Laurent Ruquier On n'est pas couché et surtout ces chroniques Eric Naulleau et Eric Zemmour en sont les plus grands symptômes. Le plus paradoxal c'est que cela empêche même de critiquer leur propre critique et conduit juste à dire que c'est mal.

 

Chez Michèle Alliot-Marie si l'on peut admettre une propension malsaine de hurler avec les loups on encore de pratiquer la critique pour la critique parfois. On l'a vu aussi chez ce que certains appellent le sarkozysme primaire nous devons reconnaître aussi que la posture du bouc émissaire à franchement du bon.

 

En effet j'ai vraiment du mal avec cette théorie qui vient à dire que l'on ne peut sanctionner quelqu'un parce que tout le monde faisait pareil ou fait encore pareil. Oui c'est vrai Dominique Strauss-Kahn louangeait Ben Ali, oui c'est vrai que l'international socialiste a réagi très tardivement pour évincer son parti et oui c'est encore vrai que la majorité de l’intelligentsia politique va prendre ses vacances au Maroc, charmant pays du roi Mohamed VI, très démocratique comme on le sait. Mais alors ? Franchement cette idée que cela exonèrerait entièrement celui sur qui cela tombe est idiote. Ça voudrait dire qu'on ne pourrait sanctionner celui qui grille un feu rouge ou pire tue quelqu'un parce que des tas de gens l'ont déjà fait, le font et le feront plus tard mais ne sont pas sanctionnés voir ne le seront jamais. C'est totalement ridicule.

 

Quand bien même cette faute ne serait pas grave et elle ne l'est pas et surtout pas pénale répréhensible ce serait la même chose. Ce n'est pas parce que son voisin à une poutre dans l’œil qu'on ne retire pas la paille dans le sien.

 

Sans doute Michèle Alliot-Marie fait figure de bouc émissaire dans cette affaire. Et sa personnalité, certaines de ses prises de position m'amène à avoir une certaine sympathique pour elle. De ce gouvernement c'est sans doute la seule qui avait peut-être mes faveurs après le départ de Jean-Louis Borloo. Mais ici il n'est pas question de raisonner avec les sentiments et l'on doit considérer que c'est une faute, une faute politique.

 

Une faute politique doublée d'une faute de communication.

 

J'avais évoqué cette propension qu'ont les hommes politiques à considérer que la critique de leurs avantages et de leurs abus possibles était vulgaire et non avenue. En somme s'interroger à ce sujet est interdit et ceux qui dépassent cette interdiction, « utilisent des méthodes fascistes », « sont des pisse-froids », « ont un comportement qui ne se fait pas. ». A l'inverse ceux qui s'affichent clairement et évoquent entièrement leur situation et ne se cache pas, comme c'était le Karima Delli en l'espèce sont la cible des critiques. En fait le pire était là. Ce n'était pas qu'il y avait de l'abus ou de l'illégal, que des affaires surgissent. Les lois ont pour la plupart du temps pacifié ou régulé cette question. Et si bien comme dans tout système des affaires existent elles prennent moins la propension d'affaire d’États d'autres d'une autre époque. Sauf que quand on se pose plus de question là on se doit se poser des questions. En somme il y a problème là où il n'y a plus de problème. Les hommes politiques ne considérèrent même plus leur situation comme extraordinaire, pour eux c'est ça l'ordinaire et ce qui vient contre cela est anormal. Pas étonnant qu'on les imagine déconnecté de la vie réelle. Bien sûr cette généralisation occulte au passage nombre d'entre eux qui ne le sont pas. Je ne croirais plus en la politique si je le pensais.

 

La deuxième erreur de Michèle Alliot-Marie vient du même principe. Elle n'a jamais considérer ce qu'elle faisait comme mal, moralement ou politiquement. Au contraire pour elle la normalité se trouvait ici. Et en conséquence de quoi ceux qui viennent à s'interroger sur ce comportement ne peuvent être juger comme normaux donc de façon raisonnable. La réponse en est la conséquence.

 

Au lieu de se défendre en avouant une erreur et en faisant même un mea culpa, en se flagellant intellectuellement peut-être même au passage, qu'elle le pense ou non, la ministre des affaires étrangères en prend le contre-pied total. Il n'y a pas de faute, il n'y a rien qui pose problème. Cette tactique est stupide. Les médias qui voient là l'évènement se régale et cherche les moindres détails de l'affaire et décortique celle-ci en entier. Résultat la date du voyage, le statut du propriétaire, le lieu précis, tout est vu et revu et chacun détail devient un argument contre la ministre. Au lieu d'étouffer l'affaire elle l'amplifie, elle l'excite. Elle provoque même l'affaire.

 

Si cette erreur est concevable pour un ministre qui ne voit rien d'anormal dans ce comportement et se défend dans sa logique propre, elle ne peut exister sur la scène publique. Un ministre, un homme politique n'est jamais seul. Il dispose de conseillers, de chefs de cabinets, de secrétaires autour de lui. Ceux-ci préparent ses discours, son agenda, organise des évènements et élabore son plan com. La plupart des conseillers en communication sont d'ailleurs formés à la réaction en temps de crises. Comme ont-ils été incapables de prévoir déjà l'erreur politique ? Comment ont-ils pût la laisser partir en Tunisie ? Mais ensuite comment n'ont-ils pas pût lui dire de jouer la carte du mea culpa ? Si l'on peut admettre que l'ego de l'homme politique ne puisse tolérer qu'on lui fasse remarquer qu'il a tort et qu'il doive changer son idée ou encore que les conseillers par peur souvent ne cherche pas à le contredire, il y a forcément là une double erreur des services de son ministère ou ses services personnels. Ainsi si elle parvient à rester en poste de gré ou de force je conseille vivement à madame le ministre de renvoyer une partie de ses conseillers. Une incompétence pareille est notable.

 

Ceci est aussi une preuve que la communication est indispensable dans notre société et notre monde politique et que si elle peut influence le fonctionnement même de la politique elle n'est pas forcément contre ou en dehors de la réalité. Au contraire elle se doit d'être dans son processus même et de ramener parfois certains vers la réalité. J'aime bien cette métaphore pour la communication :

 

« On ne peut faire croire qu'un lion est un tigre mais on peut faire penser qu'il s'agit du plus beau lion. »

 

Là que ce soit du côté des conseillers en communication ou de la ministre elle même rien de tout cela. Et si vous voulez mon opinion personnelle sur le point névralgique qui agite toutes les rédactions des médias de France (pas sûr que ce soit partagé par tout les français) elle devrait démissionner. Mais comme Eric Woerth elle ne le fera sans doute pas et si cela se fait se sera pour de mauvaises raisons. Il ne serait pas étonnant que le bûcheron Nicolas Sarkozy ne veuille pas se débarrasser de quelques branches mortes. Mais c'est à se demander si l'arbre en entier n'est pas déjà mort.

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Published by respolitica.over-blog.fr - dans Communication et plus si affinités
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