Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
9 mars 2011 3 09 /03 /mars /2011 18:07

France-Paris-Hote-de-Ville-1.jpg

L'autre jour en lisant la une de 20 minutes je découvrait que selon un sondage pour le journal 71% des français pensait l'ancien président de la République Jacques Chriac devait être jugé. Et là je me suis dit que les dit français étaient intelligents. Oui je reconnais c'est mon côté populiste. Il m'arrive parfois quand j'exècre pas la foule, c'est donc selon les sujets bien

sûr (et surtout les réponses aux dits sujets) comme tout bon commentateur politique qui se respecte.

 

Tout d'abord et ce n'est pas des moindres il faut savoir qu'il s'agit du procès de l'affaire des emplois fictifs du RPR et non pas de Jacques Chirac. Cette propension qu'ont les journalistes à donner un nom de personne à une affaire me désole. Mais je dois rappeler qu'au banc des prévenus il y a d'autres personnes dont le propre frère de Jean Louis Debré. Qui d'ailleurs fait le minimum syndical en se retirant si le Conseil Constitutionnel si celui-ci était saisi en question prioritaire de constitutionnalité du dossier. Remarquez tout de même que c'est tout à son honneur, en d'autres temps d'autres personnes ne se seraient pas retirées. Mais cela s'avère normal.

 

D'ailleurs il faut annoté que une autre propension journalistique est totalement déshonorante sur ce débat. Le fait de renommé l'affaire des emplois « supposés » fictifs de la marie de Paris. Déjà la terminologie retenu proviendrait de l'entourage de Jacques Chirac mais j'aimerais rappeler que ce sont les prévenus qui sont poursuivis pour le fait les emplois fictifs et qu'ils sont supposés innocents jusqu'à preuve du contraire et non pas l'existence même de la poursuite. Je sais je pinaille mais la transformation de la terminologie m'a fait hérissé le poil. Que voulez vous on a les indignations qu'on mérite.

 

Poursuivons. Une autre raison de l'abandon des poursuites serait le fait qu'il y est eu accord entre la Mairie de Paris et l'UMP quant-à l'indemnisation de celle-ci. Je ne reviens pas sur l'intérêt et la pertinence de cette accord même si effectivement matériellement il est intelligent pour la mairie de Paris qui est sûr de se faire rembourser, mais idiot politiquement et au niveau de la communication car cela maintien l'idée de la république des copains et  des coquins. Non ce qui me sidère c'est la confusion globale qui perdure.

Tout d'abord cet accord ne porte que sur le volet civil de l'affaire. Je ne vais pas rentrer dans les détails mais l'on peut entrer pour des mêmes faits dans deux procédures différentes. Une procédure civile et une procédure pénale. Et la constitution de partie civile permet elle quand on est victime d'un délit pénal de percevoir des dommages-intérêts et que ce soit directement pris dans cette unique procédure. Donc dans le procès des emplois fictifs par là même seul le volet civil a été réglé, il reste totalement les poursuites pénales à résoudre. Ainsi donc pour l'univers politico-médiatique le pénal ne serait rien face à l'action civile. Je dis bravo même si je ne m'étonne guère vu les propensions actuelles.

Mais au passage on nie aussi la place des autres parties civiles. Car si effectivement la Mairie de Paris s'est désistée en concluant cet accord d'autres parties civiles existent et il ne faudrait pas les oublier.

 

Le plus gros paradoxe selon moi qui fait douter de la question de savoir si l'on se moque pas de nous tiens à la prescription des actes. Rappel des faits. La procédure est ouverte durant le mandat de Jacques Chirac de Président de la République. Il s'avère que du fait de ce mandat le Président bénéficie d'une immunité pour tout fait pénal comme civil. C'est d'ailleurs ce qui fait que si l'homme qui s'est fait insulté par Nicolas Sarkozy au salon de l'agriculture la situation posait problème. Comme en l'espèce les faits poursuivis se sont passés avant son mandat Jacques Chirac pouvait être poursuivis mais l'immunité entrainait de facto un gel de l'action en justice, qui dit gel de l'action en justice dit gel de la prescription. Et c'est là qu'intervient l'argument aussi massue qu'idiot. « Pourquoi poursuivre pour des faits aussi vieux ? »

Un rappel les faits datent des années 90. Pas en 1960 ou 1970, 1990. A l'époque François Mitterrand était président de la République le mur s'effondrait et au mieux on peut imaginer que c'était il y a trente ans. Je sais qu'à l'heure actuelle et pour certaines jeunes personnes (punaise j'ai l'impression de prendre 40 ans en disant cela) cela semble une éternité mais au regard du temps de notre histoire ou du temps politique c'est très peu. De plus utiliser cette théorie reviendrait à considérer que plus le prévenu est capable de jouer la montre, de faire des mesures dilatoires comme dit tout bon juriste, plus c'est bien qu'on abandonne les affaires.

Ceci est tout simplement ridicule. Je suis de ceux qui considère qu'il est bien d'avoir une prescription même pour les crimes. J'adore cette série mais le monde ne doit pas être comme Cold Case où l'on ressort des dossiers vieux de plusieurs décennies (rassurez vous je sais qu'il n'y a pas de prescription aux États-Unis pour les crime, une erreur à mon avis). Cette idée explique aussi mon rapport à ce que l'on appelle sur Internet le droit à l'oubli. Mais pour autant le passé n'est pas anodin et ne s'efface pas d'un coup de baguette magique. Il permet aussi de connaître le parcours d'une personne ou d'institutions. J'y reviendrais plus particulièrement plus loin d'ailleurs.

De plus la prescription a été gelée justement parce que Jacques Chirac était Président de la République et c'est à présent les mêmes qui disent que les actes ont été commis (sans bien sûr attendre que la justice face son travail) qui énoncent qu'il faut à présent laisser tout tranquille. Personnellement l'immunité présidentielle si elle a un aspect plutôt monolithique ne me dérange nullement. Le Président de la République est une autorité particulière. Il convient que l'on évite que pour des calculs politiques ont ne puisse l'attaquer par le biais d'une instrumentalisation judiciaire. La solution n'est en rien la levée de cette immunité mais l'application réelles des institutions spéciales qui elles peuvent le juger. En somme il faudrait si ce n'est avoir un Cour Suprême à l'américaine avoir une Haute Cour et une Cour de Justice de la république réunies et qui agissent vraiment.

 

Mais le ridicule ne semble pas avoir de limite car l'argument suivant tient à présent à l'état de santé de Jacques Chirac lui même. L'état de santé d'une personne provenant du vieillissement d'une personne il est normal que celle-ci ayant fait 12 ans de présidence de la république et ayant été élu à 63 ans n'en sorte pas tellement fringuant. Mais là aussi cet argument ne tiens pas car comme je l'ai dit il n'est pas le seul prévenu même si c'est sans doute le principal et cela viendrait corroborer l'idée des mesures dilatoires bénéficiaires au prévenu.

 

Le plus gros dans cette affaire provient de la décision elle même. Car aujourd'hui même le procès vient d'être reporté du fait justement de la question prioritaire de constitutionnalité dont on parlait plus haut. Si légalement cette décision se comprend, politiquement et toujours sur le plan de la communication elle apparaît comme ridicule et permet au moins aux journalistes de citer le peu de Shakespeare qu'ils connaissent : « Beaucoup de bruit pour rien. »

Mais par la même elle accrédite

l'idée de l'impunité des puissants et de la classe politique. Elle valorise le discours de populistes comme Marine Le Pen qui y voient aussi au passage une complicité de la justice elle même. Ce discours passant d'autant mieux que les français (ah je déteste cette expression mais je suis obligé de l'utiliser) eux mêmes étaient plutôt favorables au pro

cès.

 

Et c'est là qu'intervient l'idée dont je vous parlais plutôt. Ce procès est aussi le procès d'un système d'une histoire. Celui qu'on voit aujourd'hui comme sympathique était aussi dans la mécanique de ceux qui utilisaient l'appareil étatique non pour le bien commun mais pour des intérêts privées ou partisans. D'aucun me diront oui mais à gauche. Et ils auront raison mais encore une fois je l'ai dit et redit la faute d'un n'excuse pas la faute de l'autre. Ce n'est pas parce qu'un fou décide de tuer son voisin et qu'il parvint à échapper à la justice que je dois en faire autant. L'incapacité de la classe politique à se rendre compte à la fois de l'image qui est renvoyé et de l'évolution morale qui est en place en politique laisse pantois, d'autant qu'elle est aussi crédibilisée par des médias qui eux-mêmes qui à la fois critiquent la justice mais soutiennent les mêmes idées.

 

Le pire dans tout ça c'est que je ne serais nullement gêné que la décision finale soit un acquittement ou même une relaxe à la fin d'un procès, si et seulement si il a lieu et permet de juger. Certains apparaissent surpris et même choquer qu'un ancien président de la république soit juger. Mais je rappelle qu’a présent il est un justiciable comme un autre. Alors pour toutes ces raisons s'il vous plaît laissez faire la justice. M'enfin je crois qu'une fois encore je demande trop.

Partager cet article

Repost 0
Published by respolitica.over-blog.fr - dans Justice
commenter cet article

commentaires