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18 mars 2013 1 18 /03 /mars /2013 08:21

 

normal kb3La lecture du passionnant et dense panorama de Mar_Lard des comportements sexistes de la communauté geek à amené votre serviteur à de nouvelles réflexions. Elles débutent d'abord sur une interrogation. Pourquoi le questionnement des discriminations de la communauté geek en France comme à l'étranger déchaîne-t-il un tel torrent particulier de passions et de haine ? La disproportion de la violence des propos et leur systématisme dès que cette question est abordée ne peuvent que questionner.

 

Notre humble hypothèse serait qu'on touche là à l'essence de la culture geek ou tout du moins sa représentation. De plus en plus nous supposons de grandes similarités entre celle-ci (plus exactement la culture hacker en fait mais nous pensons que cela peut aussi être étendu) et la pensée libertarienne. Nous y retrouvons en effet une même exaltation de l'individualisme, une promotion du do-it et une conception méritocratique et technocratique de faire société. Fatalement cette conception vient très souvent se heurter au réel. Pour elle les discriminations, les rapports de pouvoir et domination apparaissent plus que des impensés, des impensables. En tout cas si elles ne dépendent pas de la volonté des individus. L'individu n'y est que lui-même sans critère de classe sociale, de religion, de nationalité ou de sexe et donc les discriminations ne peuvent en conséquence exister.

 

Toute cette séquence de réflexion théorique à aussi un impact pratique. Si les discriminations sont impensables les quelques avis critiques qui cherchent à les concevoir deviennent intolérables. En somme tout critique de la communauté ou d'un de ses membres est perçue comme une remise en cause de celle-ci. Dans une précédente étude nous avions appeler ce phénomène le syndrome de « la citadelle assiégée. » Les acteurs se conçoivent à la fois comme la société dans son ensemble et comme dans une citadelle assiégée où il est nécessaire de se battre de manière permanente. Il est d'autant plus prégnant que le mouvement est souvent en lutte sur des causes ou sur sa propre affirmation. Nous retrouvons là en apparence un paradoxe de comportement très tribal, communautaire au sens de Ferdinand Tönnies alors même que Internet et le milieu du jeu vidéo ou des geeks en général supposerait l'abandon de ses réactions et le fonctionnement comme une société. Sauf que cette communauté apparaît aussi en recherche de légitimation et en perpétuel mouvement.

 

Sur le sexisme particulièrement une autre hypothèse serait de considérer que la représentation de la femme est perçue comme partie intégrante de la culture geek. Il s'agit là il nous semble d'une vision marketing de cette culture industrielle (au sens de produits industriels supports de la culture du groupe). La remettre en cause ou même simplement la discuter reviendrait à remettre en cause l'ensemble des bases de la communauté. Mais comme tout communauté celle-ci évolue, change culturellement et sociologiquement. De plus il apparaît comme sain de se questionner quitte à avoir plusieurs réponses et des oppositions. Mais lorsqu'on réfléchit à l'essence ou à la supposée essence de cette communauté nous touchons du doigt à l'insoutenable difficulté de l'impensable. Nous voyons là clairement que la communauté geek bien loin de la perception première d'un simple groupe de fans est traversée de questionnements cultuels et idéologiques majeurs, que ces problématiques rappellent à ceux qui l'auraient oublier ou voudraient l'oublier.

 

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L'ensemble de ce billet est issu de quelques réflexions et hypothèses et ne prétend ni à l'exhaustivité ni à la scientificité pure, juste à essayer de réflechir.


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Published by Respolitica - dans Morale et politique
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