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25 février 2017 6 25 /02 /février /2017 11:52


Je suis un passionné de politique. De la chose politique, de la vie politique, des idées politiques. Je suis de ceux qui répètent à l'envie, parfois même jusqu'à la saturation la phrase d'Aristote.

« L'homme est un animal politique ».

Sans savoir si en vérité il disait politique ou social et quel sens donné par lui au mot politique. Je suis quelqu'un qui ne croit pas que l'on puisse être apolitique. C'est une notion qui me dépasse, qui me paraît pas difficile, pas fausse mais impossible. Par son action, par sa vie parfois on est forcément politique à son niveau, sous sa forme. Il est possible d'être apartisant mais certainement pas apolitique.

J'ai grandi avec l'idée que la connaissance des idées politiques, du savoir et même des rouages de la machine était un moyen d'ascension sociale. Je suis issu de la classe moyenne, où la politique était souvent locale, syndicaliste, personnelle. J'ai suivi de longues études, en Droit et en Science Politique. J'ai milité pour des campagnes, j'en ai fait à mon humble niveau certaines. Avec à la fois le détachement des convaincus. Qui s'efforce de se dire détaché des choses, mais qui dans le mouvement, dans le flux participe bien plus qu'il ne veut l'avouer. Car j'ai toujours eu au final ce regard à la fois triste et enjoué, détaché et concerné. Cynique et empathique. Sur plein de choses et aussi sur la politique.

J'ai mis pendant longtemps un point d'orgue à voter à toutes les élections. Dès que j'ai pût, dès que j'ai eu 18 ans, en 2003. J'ai toujours considéré cela à la fois comme un droit mais aussi comme un devoir. Que je le veuille ou non j'ai aussi été un enfant du 21 avril 2002.

Je me suis senti, écologiste, gaulliste de gauche, centriste, libéral, souverainiste,... Pas mal de choses différentes le temps de construire ma culture et en le disant avec des mots pompeux ma vision politique.

Je ne sais pas quand tout cela s'est cassé. Je crois que ce ne fut pas en une fois. Je crois que ce fut un processus, lent et global. Peut-être à force de trop bien comprendre comment cela se passait, de trop se rendre compte comment l'idéal se brisait sur l'écueil du réel. Pour paraphraser T.S. Eliot.

« C’est ainsi que finit mon monde
Pas sur un Boum, sur un murmure. »

Mais dans tout ce processus je pense que la télévision a joué un certain rôle.

De mon parcours j'ai aussi tiré une vision analytique, critique de la télévision et des médias en général. Et puis quoi qu'il arrive, même en tant que simple spectateur comment ne pas trouver cela critiquable, pénible et même pire insupportable.

J'ai définitivement abandonné l'idée de regarder une émission dite "politique" à la télévision française.

Le format est désastreux. Passant d'un sujet à l'autre en une heure et demie, deux heures au mieux. Des journalistes aka "procureurs" s'arrogeant une bonne partie du temps de parole et forçant toujours leur invité à dire ce qu'ils veulent entendre, ce qu'ils s'imaginent et même ce qu'ils pensent. Là comme toujours ce n'est pas une question de personnes mais de système, de format télévisuel. Les "procureurs" sont formés dans les mêmes écoles, côtoient les mêmes personnes, fabriquent encore et toujours les mêmes émissions, qui répondent aux mêmes critères des chaînes interchangeables. Les mêmes formats éculés pour faire moderne qui tombent à plat.

On parle pas politique. On y parle ragots, tactique, micro questions. Tout cela n'est pas aidé par le fait que les intervenants n'ont souvent aucune culture politique mais surtout une culture de l'événement. Et c'est encore plus vrai pour les "procureurs".

Je n'ai rien contre le mélange des genres mais quand c'est bien fait. Là tout sonne faux, tout ne tient pas. Les fameux invités semblent venus combler les manques des "procureurs" incapables de tenir une émission, de faire leur travail. On invite des vrais français, comme si les autres étaient des faux, on les placarde, on s'en vante même. Mais au final tout ce que l'on fait c'est montrer le décalage que l'on a avec la réalité et son incompétence.

Ce sont les mêmes "procureurs" qu'on voit encore partout et tout le temps. On dispose juste de temps en temps de leur nouvelle version. Mais fondée sur le même schéma, de la même manière. Et à chaque fois on les entend se tromper, pérorer et revenir ailleurs ou au même endroit. Ils sont spécialistes de tout et de rien à la fois. Ils sont les seuls à qui l'on ne demande jamais sur quoi et sur quel fondement s'applique leurs dires. Ils ne doivent souffrir d'aucune remise en cause.

C'est plat, criard, vulgaire et même pas grossier. Ces émissions confondent très souvent débat et empoignade, débat et querelle, débat et opposition. Et elles créent parfois même cette opposition. C'est une vision étrange du pluralisme qui s'étale là. Avec toujours au final en ligne de mire cette citation que l'on attribue à Jean-Luc Godard :

« L’objectivité, c’est 5 minutes pour Hitler, 5 minutes pour les Juifs »

Cela ne sert à rien et sera oublié le surlendemain. Les buzz que l'on nous répète à l'envie pour une ou l'autre petite phrase, un détail, qui s'en souvient le plus souvent ? Une polémique chasse l'autre comme toujours et au final qu'est-ce qu'on retient ? Au mieux cette émission va convaincre les convaincus et dégoûter les indécis.

Même les émissions dites généralistes qui invitent les politiques sont du même tonneau. Pire ils ont moins de temps pour intervenir, ne sont pas dans un contexte préparé à leur intervention. Ne comprennent pas forcément les codes de ce type de d'émission.

Pourquoi les politiques se rendent dans ces émissions alors ? Peut-être certains aiment ça, pensent que c'est leur métier, mais le plus souvent ils y sont obligés. C'est une vitrine. Une mauvaise vitrine, inutile déformante, vulgaire mais une vitrine quand même.

De mon côté j'ai laissé tomber, petit à petit j'ai dit non. Je préfère écouter des émission culturelles à la radio, lire des livres, rencontrer des gens. C'est un plaisir d'esthète, une facilité que je me permets ; Car pour la majorité des gens, qu'est-ce qui informe de la politique en général ? Les informations et ces émissions. Sauf que pour dégoûter du monde de la politique c'est exactement ce qu'il faut. Regarder ces émissions fréquemment et vous deviendrez abstentionniste revendiqué. Personnellement c'est un peu la tendance que je suis. A force, bon gré mal gré, j'ai commencé à me désengager de la militance. Je n'ai jamais été adhérent à un parti politique. Je ne l'ai jamais voulu. Mais j'ai abandonné l'idée de participer à des campagnes, de militer,... Puis petit à petit j'ai commencé à abandonner même ce que je considérait comme un devoir.

Voter.

Ce fut là aussi un processus. Lent et progressif. Le fait le plus marquant fut sans doute les élections européennes de 2014. J'ai quitté depuis un temps ma Bretagne natale, mais j'y votais toujours. Je faisais alors souvent procuration à mes parents. Lors de cette élection ils étaient en déplacement, personne n'a pût voter et alors que culturellement dans la famille ce devoir est ancré, personne ne s'en est vraiment soucié.

Je ne dis pas que les émission politiques et les émissions avec des politiques sont l'unique responsable de ce processus. Loin s'en faut. C'est un tout, un ensemble, qui est aussi le fruit de mon propre parcours. Comme en elles-même elles sont le fruit d'un système médiatique, d'un système global. Mais sans doute elles en offrent l'exemple le plus éclatant, le plus éclaté sur la place publique. Avec au surplus un privilège particulier. La sensation que les acteurs de ce système ne se rendent compte de rien, ne comprennent rien et semblent dans leur esprit rendre justice à la politique.

Triste monde.

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8 février 2017 3 08 /02 /février /2017 11:07

Au delà de la bombe et de l'affaire au sens propre du terme, la communication des protagonistes de l'affaire Fillon me laisse sans voix.

 

C'est tout ce qu'il ne faut jamais faire en matière de communication. On dirait un cas d'école fait exprès pour montrer tout ce qu'il faut éviter. En somme si vous évitez soigneusement chaque erreur de communication de cette affaire. Vous serez certainement le plus grand communicant qui existe en France et de par le monde.

 

Commençons par le commencement.

 

Comment est-il possible à l'heure actuelle de ne jamais briefé un candidat à la présidentielle. Un communicant ou un homme de confiance aurait dû passer en revue l'intégralité du parcours de François Fillon en entier et sans aucun mensonge, tout savoir sur lui dans ses moindres détails. Il est impératif de prévoir toutes les failles potentielles d'un candidat ou même d'un produit en général pour savoir où et par où les crises pourraient survenir. Qu'on ne vienne pas me dire que François Fillon n'a rien dit et que cela suffisait à mettre à défaut cette procédure. Elle n'a tout simplement pas été faite et la deuxième étape va vous l'expliquer pourquoi.

 

Comment est-ce possible que personne n'est rien vu jamais. L'affaire était l'éléphant dans un magasin de porcelaine, elle était devant les yeux de tout le monde en permanence. Moral, légal, peut importe en matière communicationnel c'était une bombe à retardement. Soit personne n'a pensé qu'elle pourrait péter, soit personne n'a osé dire au candidat ou à son staff que ça allait péter. En tout état de cause c'était un échec lui aussi.

 

Un échec ou s'adjoint l'incompétence. Un mois avant la sortie de l'affaire, les journalistes du Canard Enchaîné ont appelé François Fillon pour lui dire qu'ils enquêtaient sur ce dossier et lui demander ses déclarations. D'après eux il se serait "fermé comme une huître." Donc François Fillon sachant que cela allait sortir n'a rien dit, ou un membre de son équipe au courant de cette enquête ? Un suicide il n'a pas d'autres explications qui tiennent.

 

La crise ayant éclaté, le rejet de l'importance de l'affaire est la preuve de l'aveuglement total des équipes politiques comme l'entourage propre. L'impression de voir un groupe d'aveugles courant vers la falaise en riant. Un massacre. Personne n'a pris la mesure de l'affaire et personne n'a réagit comme il fallait. Par exemple personne n'a cherché à expliquer clairement, simplement les choses. Tout n'a tenu que dans les accusations des messagers de l'affaire, en y adjoignant des accusations de complot au passage et en considérant que ce n'était rien, puisque le système était ainsi.

 

Le pire ennemi de François Fillon c'est François Fillon. Tout au long de l'affaire François Fillon n'a fait que s'enfoncer lui même, donnant sans cesse toutes les munitions nécessaires contre lui. Évoquer ses enfants pour dédouaner sa femme, évoquer son compte bancaire unique alors qu'il était évident que c'était impossible. Son comportement aussi. Hautain, suffisant, arrogant. Lui qui passait pour la personne droite, calme, simple, limite ascétique, devient l'homme méprisant et méprisable aux yeux du public.
Un ami évoquait ainsi sa surprise.
"Comme ce type est passé aussi vite de Saint François d'Assise à Al Capone ?"
Et bien je dirais aussi et surtout par lui-même. Sans évoquer l'idée de son retrait de candidature son comportement était un modèle de ce qu'il ne faut pas faire. Que ce soit dans l'attitude ou dans le ton et le registre.

 

Rien n'était préparé. Que l'équipe n'organise pas un préparatif en cas d'attaque de la sorte paraît dingue mais le summum est atteint par le fait que dans la réponse rien n'était coordonné, personne n'était organisé et surtout personne ne dirigeait tout ça. C'est clairement visible tout au long de l'affaire. Les déclarations s'enchaînent dans une cacophonie totale et surtout dans des directions différentes. Le rôle potentiel de Pénélope Fillon change ainsi d'un interlocuteur à l'autre. Travaillant ainsi à Paris, puis en circonscription selon qui parle.
Dans ce genre de situation la clé est de répondre par un scénario complet et cohérent. Voir alternatif au scénario tissé par les les médias ou les enquêteurs au cas où. Le scénario proposé n'a rien de complet, il est constellé de bribes. Il n'y a rien de cohérent, tout s'effondre sans cesse comme un château de cartes.

 

Au surplus même dans notre monde actuel constellé de réseaux sociaux, de médias de divers ordres. Il faut encore et toujours minimiser les sources d'information mais surtout pas limiter voir supprimer l'information officielle. Car en l'occurrence nous avons eu le droit à des tas d'acteurs s'exprimant sur le sujet mais qui ne disaient rien et évitaient de répondre.
Conséquence comme le secret de l'instruction est devenu un mythe un autre scénario peut tranquillement s'alimenter par d'autres sources d'information, par d'autres canaux, qui eux paraissent cohérents et complets.

 

Enfin les réponses furent tellement hors de propos. A l'heure actuelle une conférence de presse ? A l'heure actuelle, une intervention rapide au journal de 20h et aux micros de médias ? Vraiment ? Tout cela est tellement raté. Il aurait fallu se donner l'occasion d'un entretien bien plus long, avec un unique interviewer (intervieweuse) afin de contrôler cet entretien en même temps. Complet, fort et préparé, fortement préparé surtout. L'accusation des médias, le refus de répondre aux questions. Ce sont les pires choix possible.

 

Franchement dans cette communication au moins rien n'est à sauver. Au contraire tout est à jeter. Une catastrophe.

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9 mai 2012 3 09 /05 /mai /2012 01:10

http://img81.xooimage.com/files/f/2/f/179783-34591d3.jpg

 

Étrange une de Libération du Neuf Mai. En effet en bandeau et en contrebas et dans différents articles donc celui-ci se dissémine l'idée que l'électorat de François Hollande fut celui des jeunes, des ouvriers et des employés. Derrière ce constat de façade se cache une réalité bien plus complexe que Libération ne cherche pas du tout à analyser.

 

 

Premièrement à quoi se référer réellement ? L'article indique une étude de Viavoice mais offre une référence à une étude produite le 25 avril. Cocasse non ? S'appuyer pour évoquer un deuxième tour sur une étude faite avant il faut oser Libération l'a fait.

 

Deuxièmement il est bien étrange d'effectuer pareils calculs à l'aune du second tour sans même se référer un instant à ceux du premier ou même à des élections précédentes. Étrange d'autant plus qu'il est dit : « Mais pour la première fois depuis longtemps, la gauche redevient majoritaire dans les couches populaires: 58% des employés et 68% des ouvriers ont voté Hollande. » Depuis longtemps cela veut dire quoi ? Une élection ? Présidentielle ? En année ? En jours ?

 

Car disons le de suite oui les ouvriers, les jeunes et les employés ont voté François Hollande majoritairement au second tour. Une majorité pas négligeable mais certainement pas pléthorique comme l'affirme Libération. Car 58% ou 60% sur des électorats qui sont le cœur de cible de la gauche et notamment du combat de François Hollande ont peu s'en réjouir tout en se posant quelques questions tout de même.

 

Troisièmement. Un calcul des votants et non des électeurs. En plus d'avoir le regard focalisé sur le second tour, Libération a aussi un angle mort énorme, celui de savoir comment se sont comportés les jeunes, les employés, les ouvriers entre les deux tours et surtout qu'elle est la composition sociologique de l'abstention. En effet il serait peut-être intéressant de savoir qui sont pour la plupart les abstentionnistes. Je m'écarte directement de l'analyse scientifique là mais il ne m'étonnerait pas en lisant les différentes études à ce sujet qu'une partie non négligeable sont des jeunes, des ouvriers ou des employés.

 

Quatrièmement. Il serait tout de même étonnant que ces jeunes, ces ouvriers et ces employés votent Nicolas Sarkozy. Un, on pourrait se poser des questions sur leur vote en fonction soit d'intérêt personnel ou soit d'analyse politique et deux on pourrait se dire que Nicolas Sarkozy est plus qu'un homme politique de grand talent mais un génie.

 

Cinquièmement, étrange que personne n'a songé à se demander si parmi ces électeurs certains ne venaient pas du Front National, du Front de Gauche ou de n'importe quel parti et particulièrement les protestataires, c'est d'ailleurs pour ça que j'évoque ceux-ci en premier, et qui n'ont pas voter Hollande par engagement mais en quelque sorte par dégagement, celui de Nicolas Sarkozy. La preuve est bien faible je le reconnais mais le soir de la fête à la Bastille j'entendais bien plus d'en revoir Sarkozy que de Vive Hollande. D'ailleurs François Hollande lui-même n'était pas aveugle sur cet état de fait en considérant dans de nombreuses déclarations "Qu'on est à la fois le produit d'un rejet et d'un projet."

 

En tout cas l'ensemble de ces points pas si anecdotiques que cela ne semblent pas être abordés dans Libération. Mais bon je commence à me lasser quelque peu de l'ensemble de la presse par ailleurs. Je dois devenir aigri.

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15 avril 2011 5 15 /04 /avril /2011 09:01

 

 

 

 

 

 

Ces quelques extraits présentés ici ne sont que de maigres exemples d'une tendance de plus en plus grande. Celles qu'ont les hommes politiques à pratiquer le lapsus. Mais de suite se pose à cet égard une double interrogation.

 

  • Est-ce vraiment un lapsus ?

  • Est-ce vraiment une tendance ?

 

On est en droit de se demander si à chaque fois et de même manière le lapsus est avéré. Et plus particulièrement au sujet de Nadine Morano où d'autres. Car le lapsus à la base c'est l'inversion d'un mot pour un autre. Déjà il y a peu Lionel Jospin en était un spécialiste, Rachida Dati semble avoir repris le flambeau. Mais face à celui-ci on conserve souvent une certaine gentillesse, une courtoisie. Si l'on s'en amuse cela ne va pas plus loin. Le lapsus fait rire et peut conduire à se moquer mais guère plus. L'erreur, la faute, elle subit très souvent un jugement et parfois sévère de la part de ceux qui la voient. Car si dans le lapsus on a le sentiment que la langue à fourcher comme on dit, avec l'erreur il en va tout autrement. Là c'est une réflexion particulière qui a abouti à cette conséquence. En clair dans le lapsus on ne voulait pas dire ce que l'on a dit alors que dans l'erreur si. Et dans nos sociétés la volonté reste un élément central qui détermine nos jugements moraux. Alors il est facile pour beaucoup de se revendiquer plus facilement du lapsus que de l'erreur afin d'éviter justement ce jugement de valeur. Il vaut mieux en effet une moquerie à la place.

 

Dans le même temps il est tout à fait possible de s'interroger sur cette idée de tendance. Car sans nul doute l'écrit perdant souvent en force et le monde médiatique contemporain étant ce qu'il est nous serions plus portés à être attentifs aux dits lapsus. En clair un lapsus ou une erreur dite maintenant vaudra plus cher qu'à un homme politique du début du vingtième siècle par exemple. Ceci est dû à un double phénomène.

Le premier est l'attention plus ardue que porte les téléspectateurs, auditeurs, internautes à ses dires. On scrute, on regarde, on est attentif. Aiguillonnés parfois par des proches d’adversaires politiques bien comptants de trouver là matière à polémique ou même juste moquerie le décorticage est devenu un sport. Si l'on peut se réjouir d'une attention plus grande nous pouvons nous demander si elle ne porte pas plus sur la forme que sur le fond. En somme l'emballage plutôt que la nourriture. Il serait malhonnête de notre part de regretter l'intérêt à la forme dans notre situation mais tout de même si cela se passe au détriment du fond.

Le deuxième n'est pas tellement séparé de l'autre et l'y aide même. La massification des médias. Quand Jaurès faisait un lapsus dans un discours lors d'un meeting il pouvait tout au plus recevoir l'hilarité de l'assemblée et peut-être quelques papiers désobligeants dans des journaux opposés, voir dans certaines radios. Mais là le phénomène est plus massif. Le lapsus de Nadine Morano entraîne une réaction bien plus large. Et des personnes qui n'auraient pas eu de contact direct ou même indirect avec l'évènement peuvent en avoir jusqu'à l'image. De plus les médias développent notamment sur Internet un processus d'interaction. Les commentaires, les messages sur Facebook ou Twitter conduisent à relayer tout un méta-discours sur la bourde en question. En clair l'évènement semble occuper une grande partie de l'espace médiatique et intéresser nombre de gens. Là aussi un Jaurès aurait eu le droit à des discussions de comptoir, des rencontres entre amis, guère plus et celles-ci n'auraient eu aucun écho médiatique elles mêmes.

 

 

Toutefois si nous devons par ces remarques préliminaires tempérer donc l'idée générale il est certain que ces lapsus ou erreurs (nous utiliserons le qualificatif de lapsus par commodité) se développent. La rapidité et la profusion de celles-ci même sous le coup du phénomène médiatique sont indéniables.

 

Que révèlent ces fameux lapsus ?

Deux choses.

Tout d'abord l'art politique qui était celui de la concentration, de la réflexion avant l'action et aussi l'art rhétorique est devenu une sorte de réactivité à l'évènement. Nous l'avions déjà noté auparavant. Le temps politique c'est de plus en plus accéléré, à la fois par la massification des médias mais aussi par les acteurs eux mêmes. Ils sont à la fois victimes et responsables de cet état de fait. En réagissant vite et à l'instinct aux évènements l'importance ne se place plus sur la qualité de la réaction mais sa rapidité. En somme agissons vite plutôt que bien. L'idée de se poser d'attendre pour bien faire est devenu ringard. La preuve provient des émissions politiques elles mêmes. Elle ne cessent de raccourcir, de devenir de plus en plus dynamisés. L'interview politique de Jean-Pierre Elkabbach sur Europe 1 tient en un peu plus de 9 minutes, celle de Jean-Michel Apathie sur RTL en 7 minutes. Et parfois comme dans l'émission dans laquelle se trouvaient Nadine Morano elle ne font plus partie que d'une émission plus globale. En somme noyées dans la masse. Les hommes politiques viennent de plus en plus régulièrement dans des émissions omnibus où l'on peut parler à la fois de politiques publiques et du dernier album d'un chanteur à la mode. Et lorsque l'émission leur ait pleinement consacré et dure longtemps, elle est souvent peut axée sur la réflexion politique et donne lieu à flatteries, par exemple comme dans Vivement Dimanche de Michel Drucker. Est-ce un mal ou un bien ? Je ne vais pas me cacher derrière mon petit doigt, vu le ton employé précédemment je regrette en partie cet état de fait mais je ne peut dire qu'il faut revenir à un ancien temps dans une tendance réactionnaire car ceci est un état de fait.

Dans le même temps l'homme politique doit s'exprimer. Comme tout invité qui se respecte l'homme politique ne peut dire qu'il n'a pas d'avis, qu'il ne sait pas, doit vérifier. Il n'est pas le seul. L'expression est devenu l'obligation. Le refus de l'expression est considéré comme un refus d'exercer son droit de citoyen ou encore une preuve de bêtise de la part de la personne. En somme celui qui s'exprime pas, loin d'apparaître sage et raisonné devient l'idiot, le renégat. La multiplication des tribunes, des agoras, comme ce lieu d'ailleurs, où l'on se doit de donner son opinion même si on a pas la moindre idée de la question posée est réelle. Là aussi il vaut mieux s'exprimer mal que pas s'exprimer du tout. Et n'osez pas demander qu'on vous repose la question, qu'on vous explique. Le rapport question-réponse n'est certainement pas un rapport de réflexion commune, il n'est qu'une relation binaire. Redemander c'est là aussi passer pour le dernier des imbéciles. On apparaît tellement bête de n'avoir pas compris une question dont le reste de l'auditoire qui n'en sait strictement pas plus fait tout pour laisser penser qu'il a totalement compris. De plus redemander c'est perdre aussi un peu plus du précieux temps qu'on a de plus en plus restreint pour s'exprimer. Pourtant les dictons populaires ne cessent de nous dire : « Il vaut mieux poser une question bête et avoir l'air bête pendant 5 minutes que de ne pas la poser et de rester bête toute sa vie. » Comme quoi les dictons populaires sont vraiment imbéciles.

 

En somme Rachida Dati, Nadine Morano, Frédéric Lefevbre sont à la fois les fruits et les acteurs conscients mais aussi inconscients d'un système qui nuit bien plus qu'on ne l'imagine à la réflexion et à la qualité du débat et de l'action politique et publique. Par le truchement de leur action mais aussi par celle de bien d'autres on assiste donc à une accélération et à une massification d'un temps de l'instant, de l'instinctif, du rapide et de l'expédié. Le pire c'est que ce phénomène loin d'en rester à la simple expression publique s'étend à toute la sphère politique et conduit à une conception politique faite pour le temps présent et l'immédiateté.

 

Comme quoi à en dire des conneries on conduit autant à en faire qu'à permettre à d'autres de réflechir.

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14 février 2011 1 14 /02 /février /2011 18:49

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Pourquoi le Président est mauvais mais reste central.

 

 

Alors qu'en Égypte le Président Moubarak chancelait et même chutait par la suite, en France l'on s’interrogeait plus sur l'intervention d'un autre Président, le Président Nicolas Sarkozy. Loin de moi l'idée de comparer l'un et l'autre comme il a pût être fait parfois sur Internet et plus particulièrement sur Facebook. Nous vivons en démocratie, l'Egypte de Moubarak était une autocratie bien que l'on ne le voyait pas dans le discours de nombreux politiques. La remarque provient plutôt de l'importance donnée aux évènements. Comment l'intervention d'un Président en cours de mandat peut être considérée comme d'égale voir de plus grande importance que celle d'un Président en difficulté qui semble marquer un tournant historique de ce pays ?

 

Car si cette intervention avant même qu'elle est bien eu lieu était déjà critiquée sur la forme et sur le fond comme mauvaise voir inutile. Elle occupait tout de même l'ensemble des discussions, articles, éditoriaux. Le paradoxe est ici certain. Il s'explique en partie par la place du Président de la République dans nos institutions. En effet bien que l'on considérait, à tort ou à raison – personnellement je pense à raison – que le Président Jacques Chirac comme ne faisant plus rien à partir de 1997, ses interventions, déplacements, déclarations étaient suivies et retransmises dans les médias. Il s'explique aussi par la tendance franco-centrée des médias et des comportements en France. Les équipes de journalistes dans les services International et Europe restent réduits et même diminuent et cela se ressent dans les sujets traités. La priorité est donnée de plus en plus aux nationaux parfois en dépit de l'importance des sujets. Ainsi les évènements de Tunisie ont mis du temps à s'installer dans le paysage médiatique

 

Mais la personnalité et le comportement de Nicolas Sarkozy explique aussi cette importance. Qu'on l'aime ou qu'on le déteste il s'est imposé comme un personnage central de notre politique, voir le personnage central. Dans sa campagne puis dans son mandat il a sût devenir le maître du temps et des sujets sur l'ensemble du paysage politique français. Sa prégnance sur le gouvernement, le parlement si elle est moquée donne aussi à son discours une portée jamais égalée, avec le risque du revers de la médaille bien sûr. Et à l'inverse les réactions des oppositions ou de courants politiques restent atones. En fait elles sont nullement inexistantes. Malgré l'idée que l'on se fait l'ensemble des partis politiques dont la gauche avaient des projets sur les retraites, en ont sur la sécurité, l'international,... Mais que ce soit de la médiatisation ou même de l'expression on n'en reçoit que peu.

 

Cela vient principalement que la réponse à l'hyper-présidence donnée par les partis politiques est celle d'une critique et une contradiction. Ainsi pour l'émission fut organisé une veille internet et des interventions le lendemain dans les journaux télévisés. Cette technique pratique bien que utile équivaut à donner au Président de la République la paternité et l'origine de chaque action politique, une nouvelle fois.

 

Je rejoins immédiatement mon collègue blogueur Romain Pigenel dans son analyse. Alors qu'une contre émission même sur internet aurait joué la carte d'un autre temps, la veille déjà présente parmi la communauté de blogueurs de gauche et même au delà paraît suiviste.

 

Le sentiment général est celui de personnes accrochées aux paroles présidentielles que ce soit pour les critiquer ou pour les appuyer. Il apparaît comme à l'origine de tout, au centre de tout. La politique à se composer autour de lui, pour le meilleur ou pour le pire. Même sur les sujets internationaux il a fallu que l'on parle de Michèle Alliot-Marie, de l’Égypte de François Fillon. Certes ces sujets n'étaient pas anodins et inutiles mais les évènements de ces pays ne se suffisaient pas à eux mêmes.

 

Il apparaît donc comme évident que celui qui parviendra à retourner cet état de fait avant ou pendant la campagne gagnera par la même de profonds appuis pour l'élection. S'il s'agit de Nicolas Sarkozy lui il conservera donc cet avantage. Mais vous ne direz que cet avantage est celui de la communication au sens le plus détestable du terme. Certes mais cela n'en retire par le fait que s'en soit un. Et que dans le contexte politique actuel dans lequel Nicolas Sarkozy a mit sa contribution il n'est pas inutile de réfléchir à la question.

 

Pour conclure je vais enfin vous dire pourquoi ce titre. « La poule et le couteau. » Parce que bien que courue d'avance et le fait d'une redite cette émission à fasciner les analystes de la question politique de tout horizon, comme un couteau fascine la poule qui ne le quitte pas des yeux. Et que surtout au lieu d'y voir le spectacle de cette fascination et d'analyser le pourquoi et le comment on est resté à savoir si la poule serait belle et si le couteau serait planté bien droit.

 

Je vous laisse j'ai une petite idée quoi faire personnellement.

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6 février 2011 7 06 /02 /février /2011 09:39

 

michele_alliot-marie-2-ff8e4.jpg

 

 

L'expression est de la ministre des affaires étrangères elle même.

 

Article de libération

 

Elle désigne là un acharnement sur sa personne. En effet le terme de vient de l'anglais bash, frapper, cogner. C'est l'agression gratuite et parfois violente sur quelqu'un. Michèle Alliot-Marie prise dans la tourmente de l'affaire de l'avion tunisienne serait donc victime d'un acharnement.

 

La justification de cette théorie tiens donc de l'idée que les critiques viennent forcément de personnes qui veulent du mal. C'est étonnant notre société qui imagine toujours comme mal intentionné ou ayant des a priori quelqu'un qui critique. Comme si lorsque l'on exprimait une critique on était forcé mû par un vice particulier. J'exprimais déjà cette idée en partie lors de mon article Du bouffon et du roi. Mais il n'est pas inutile de l'affirmer plus fort encore et de faire remarquer que cela conduit à décridibiliser toute critiques et de ne les voir mus que par la haine et non la raison. L'émission de Laurent Ruquier On n'est pas couché et surtout ces chroniques Eric Naulleau et Eric Zemmour en sont les plus grands symptômes. Le plus paradoxal c'est que cela empêche même de critiquer leur propre critique et conduit juste à dire que c'est mal.

 

Chez Michèle Alliot-Marie si l'on peut admettre une propension malsaine de hurler avec les loups on encore de pratiquer la critique pour la critique parfois. On l'a vu aussi chez ce que certains appellent le sarkozysme primaire nous devons reconnaître aussi que la posture du bouc émissaire à franchement du bon.

 

En effet j'ai vraiment du mal avec cette théorie qui vient à dire que l'on ne peut sanctionner quelqu'un parce que tout le monde faisait pareil ou fait encore pareil. Oui c'est vrai Dominique Strauss-Kahn louangeait Ben Ali, oui c'est vrai que l'international socialiste a réagi très tardivement pour évincer son parti et oui c'est encore vrai que la majorité de l’intelligentsia politique va prendre ses vacances au Maroc, charmant pays du roi Mohamed VI, très démocratique comme on le sait. Mais alors ? Franchement cette idée que cela exonèrerait entièrement celui sur qui cela tombe est idiote. Ça voudrait dire qu'on ne pourrait sanctionner celui qui grille un feu rouge ou pire tue quelqu'un parce que des tas de gens l'ont déjà fait, le font et le feront plus tard mais ne sont pas sanctionnés voir ne le seront jamais. C'est totalement ridicule.

 

Quand bien même cette faute ne serait pas grave et elle ne l'est pas et surtout pas pénale répréhensible ce serait la même chose. Ce n'est pas parce que son voisin à une poutre dans l’œil qu'on ne retire pas la paille dans le sien.

 

Sans doute Michèle Alliot-Marie fait figure de bouc émissaire dans cette affaire. Et sa personnalité, certaines de ses prises de position m'amène à avoir une certaine sympathique pour elle. De ce gouvernement c'est sans doute la seule qui avait peut-être mes faveurs après le départ de Jean-Louis Borloo. Mais ici il n'est pas question de raisonner avec les sentiments et l'on doit considérer que c'est une faute, une faute politique.

 

Une faute politique doublée d'une faute de communication.

 

J'avais évoqué cette propension qu'ont les hommes politiques à considérer que la critique de leurs avantages et de leurs abus possibles était vulgaire et non avenue. En somme s'interroger à ce sujet est interdit et ceux qui dépassent cette interdiction, « utilisent des méthodes fascistes », « sont des pisse-froids », « ont un comportement qui ne se fait pas. ». A l'inverse ceux qui s'affichent clairement et évoquent entièrement leur situation et ne se cache pas, comme c'était le Karima Delli en l'espèce sont la cible des critiques. En fait le pire était là. Ce n'était pas qu'il y avait de l'abus ou de l'illégal, que des affaires surgissent. Les lois ont pour la plupart du temps pacifié ou régulé cette question. Et si bien comme dans tout système des affaires existent elles prennent moins la propension d'affaire d’États d'autres d'une autre époque. Sauf que quand on se pose plus de question là on se doit se poser des questions. En somme il y a problème là où il n'y a plus de problème. Les hommes politiques ne considérèrent même plus leur situation comme extraordinaire, pour eux c'est ça l'ordinaire et ce qui vient contre cela est anormal. Pas étonnant qu'on les imagine déconnecté de la vie réelle. Bien sûr cette généralisation occulte au passage nombre d'entre eux qui ne le sont pas. Je ne croirais plus en la politique si je le pensais.

 

La deuxième erreur de Michèle Alliot-Marie vient du même principe. Elle n'a jamais considérer ce qu'elle faisait comme mal, moralement ou politiquement. Au contraire pour elle la normalité se trouvait ici. Et en conséquence de quoi ceux qui viennent à s'interroger sur ce comportement ne peuvent être juger comme normaux donc de façon raisonnable. La réponse en est la conséquence.

 

Au lieu de se défendre en avouant une erreur et en faisant même un mea culpa, en se flagellant intellectuellement peut-être même au passage, qu'elle le pense ou non, la ministre des affaires étrangères en prend le contre-pied total. Il n'y a pas de faute, il n'y a rien qui pose problème. Cette tactique est stupide. Les médias qui voient là l'évènement se régale et cherche les moindres détails de l'affaire et décortique celle-ci en entier. Résultat la date du voyage, le statut du propriétaire, le lieu précis, tout est vu et revu et chacun détail devient un argument contre la ministre. Au lieu d'étouffer l'affaire elle l'amplifie, elle l'excite. Elle provoque même l'affaire.

 

Si cette erreur est concevable pour un ministre qui ne voit rien d'anormal dans ce comportement et se défend dans sa logique propre, elle ne peut exister sur la scène publique. Un ministre, un homme politique n'est jamais seul. Il dispose de conseillers, de chefs de cabinets, de secrétaires autour de lui. Ceux-ci préparent ses discours, son agenda, organise des évènements et élabore son plan com. La plupart des conseillers en communication sont d'ailleurs formés à la réaction en temps de crises. Comme ont-ils été incapables de prévoir déjà l'erreur politique ? Comment ont-ils pût la laisser partir en Tunisie ? Mais ensuite comment n'ont-ils pas pût lui dire de jouer la carte du mea culpa ? Si l'on peut admettre que l'ego de l'homme politique ne puisse tolérer qu'on lui fasse remarquer qu'il a tort et qu'il doive changer son idée ou encore que les conseillers par peur souvent ne cherche pas à le contredire, il y a forcément là une double erreur des services de son ministère ou ses services personnels. Ainsi si elle parvient à rester en poste de gré ou de force je conseille vivement à madame le ministre de renvoyer une partie de ses conseillers. Une incompétence pareille est notable.

 

Ceci est aussi une preuve que la communication est indispensable dans notre société et notre monde politique et que si elle peut influence le fonctionnement même de la politique elle n'est pas forcément contre ou en dehors de la réalité. Au contraire elle se doit d'être dans son processus même et de ramener parfois certains vers la réalité. J'aime bien cette métaphore pour la communication :

 

« On ne peut faire croire qu'un lion est un tigre mais on peut faire penser qu'il s'agit du plus beau lion. »

 

Là que ce soit du côté des conseillers en communication ou de la ministre elle même rien de tout cela. Et si vous voulez mon opinion personnelle sur le point névralgique qui agite toutes les rédactions des médias de France (pas sûr que ce soit partagé par tout les français) elle devrait démissionner. Mais comme Eric Woerth elle ne le fera sans doute pas et si cela se fait se sera pour de mauvaises raisons. Il ne serait pas étonnant que le bûcheron Nicolas Sarkozy ne veuille pas se débarrasser de quelques branches mortes. Mais c'est à se demander si l'arbre en entier n'est pas déjà mort.

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