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25 février 2017 6 25 /02 /février /2017 11:52


Je suis un passionné de politique. De la chose politique, de la vie politique, des idées politiques. Je suis de ceux qui répètent à l'envie, parfois même jusqu'à la saturation la phrase d'Aristote.

« L'homme est un animal politique ».

Sans savoir si en vérité il disait politique ou social et quel sens donné par lui au mot politique. Je suis quelqu'un qui ne croit pas que l'on puisse être apolitique. C'est une notion qui me dépasse, qui me paraît pas difficile, pas fausse mais impossible. Par son action, par sa vie parfois on est forcément politique à son niveau, sous sa forme. Il est possible d'être apartisant mais certainement pas apolitique.

J'ai grandi avec l'idée que la connaissance des idées politiques, du savoir et même des rouages de la machine était un moyen d'ascension sociale. Je suis issu de la classe moyenne, où la politique était souvent locale, syndicaliste, personnelle. J'ai suivi de longues études, en Droit et en Science Politique. J'ai milité pour des campagnes, j'en ai fait à mon humble niveau certaines. Avec à la fois le détachement des convaincus. Qui s'efforce de se dire détaché des choses, mais qui dans le mouvement, dans le flux participe bien plus qu'il ne veut l'avouer. Car j'ai toujours eu au final ce regard à la fois triste et enjoué, détaché et concerné. Cynique et empathique. Sur plein de choses et aussi sur la politique.

J'ai mis pendant longtemps un point d'orgue à voter à toutes les élections. Dès que j'ai pût, dès que j'ai eu 18 ans, en 2003. J'ai toujours considéré cela à la fois comme un droit mais aussi comme un devoir. Que je le veuille ou non j'ai aussi été un enfant du 21 avril 2002.

Je me suis senti, écologiste, gaulliste de gauche, centriste, libéral, souverainiste,... Pas mal de choses différentes le temps de construire ma culture et en le disant avec des mots pompeux ma vision politique.

Je ne sais pas quand tout cela s'est cassé. Je crois que ce ne fut pas en une fois. Je crois que ce fut un processus, lent et global. Peut-être à force de trop bien comprendre comment cela se passait, de trop se rendre compte comment l'idéal se brisait sur l'écueil du réel. Pour paraphraser T.S. Eliot.

« C’est ainsi que finit mon monde
Pas sur un Boum, sur un murmure. »

Mais dans tout ce processus je pense que la télévision a joué un certain rôle.

De mon parcours j'ai aussi tiré une vision analytique, critique de la télévision et des médias en général. Et puis quoi qu'il arrive, même en tant que simple spectateur comment ne pas trouver cela critiquable, pénible et même pire insupportable.

J'ai définitivement abandonné l'idée de regarder une émission dite "politique" à la télévision française.

Le format est désastreux. Passant d'un sujet à l'autre en une heure et demie, deux heures au mieux. Des journalistes aka "procureurs" s'arrogeant une bonne partie du temps de parole et forçant toujours leur invité à dire ce qu'ils veulent entendre, ce qu'ils s'imaginent et même ce qu'ils pensent. Là comme toujours ce n'est pas une question de personnes mais de système, de format télévisuel. Les "procureurs" sont formés dans les mêmes écoles, côtoient les mêmes personnes, fabriquent encore et toujours les mêmes émissions, qui répondent aux mêmes critères des chaînes interchangeables. Les mêmes formats éculés pour faire moderne qui tombent à plat.

On parle pas politique. On y parle ragots, tactique, micro questions. Tout cela n'est pas aidé par le fait que les intervenants n'ont souvent aucune culture politique mais surtout une culture de l'événement. Et c'est encore plus vrai pour les "procureurs".

Je n'ai rien contre le mélange des genres mais quand c'est bien fait. Là tout sonne faux, tout ne tient pas. Les fameux invités semblent venus combler les manques des "procureurs" incapables de tenir une émission, de faire leur travail. On invite des vrais français, comme si les autres étaient des faux, on les placarde, on s'en vante même. Mais au final tout ce que l'on fait c'est montrer le décalage que l'on a avec la réalité et son incompétence.

Ce sont les mêmes "procureurs" qu'on voit encore partout et tout le temps. On dispose juste de temps en temps de leur nouvelle version. Mais fondée sur le même schéma, de la même manière. Et à chaque fois on les entend se tromper, pérorer et revenir ailleurs ou au même endroit. Ils sont spécialistes de tout et de rien à la fois. Ils sont les seuls à qui l'on ne demande jamais sur quoi et sur quel fondement s'applique leurs dires. Ils ne doivent souffrir d'aucune remise en cause.

C'est plat, criard, vulgaire et même pas grossier. Ces émissions confondent très souvent débat et empoignade, débat et querelle, débat et opposition. Et elles créent parfois même cette opposition. C'est une vision étrange du pluralisme qui s'étale là. Avec toujours au final en ligne de mire cette citation que l'on attribue à Jean-Luc Godard :

« L’objectivité, c’est 5 minutes pour Hitler, 5 minutes pour les Juifs »

Cela ne sert à rien et sera oublié le surlendemain. Les buzz que l'on nous répète à l'envie pour une ou l'autre petite phrase, un détail, qui s'en souvient le plus souvent ? Une polémique chasse l'autre comme toujours et au final qu'est-ce qu'on retient ? Au mieux cette émission va convaincre les convaincus et dégoûter les indécis.

Même les émissions dites généralistes qui invitent les politiques sont du même tonneau. Pire ils ont moins de temps pour intervenir, ne sont pas dans un contexte préparé à leur intervention. Ne comprennent pas forcément les codes de ce type de d'émission.

Pourquoi les politiques se rendent dans ces émissions alors ? Peut-être certains aiment ça, pensent que c'est leur métier, mais le plus souvent ils y sont obligés. C'est une vitrine. Une mauvaise vitrine, inutile déformante, vulgaire mais une vitrine quand même.

De mon côté j'ai laissé tomber, petit à petit j'ai dit non. Je préfère écouter des émission culturelles à la radio, lire des livres, rencontrer des gens. C'est un plaisir d'esthète, une facilité que je me permets ; Car pour la majorité des gens, qu'est-ce qui informe de la politique en général ? Les informations et ces émissions. Sauf que pour dégoûter du monde de la politique c'est exactement ce qu'il faut. Regarder ces émissions fréquemment et vous deviendrez abstentionniste revendiqué. Personnellement c'est un peu la tendance que je suis. A force, bon gré mal gré, j'ai commencé à me désengager de la militance. Je n'ai jamais été adhérent à un parti politique. Je ne l'ai jamais voulu. Mais j'ai abandonné l'idée de participer à des campagnes, de militer,... Puis petit à petit j'ai commencé à abandonner même ce que je considérait comme un devoir.

Voter.

Ce fut là aussi un processus. Lent et progressif. Le fait le plus marquant fut sans doute les élections européennes de 2014. J'ai quitté depuis un temps ma Bretagne natale, mais j'y votais toujours. Je faisais alors souvent procuration à mes parents. Lors de cette élection ils étaient en déplacement, personne n'a pût voter et alors que culturellement dans la famille ce devoir est ancré, personne ne s'en est vraiment soucié.

Je ne dis pas que les émission politiques et les émissions avec des politiques sont l'unique responsable de ce processus. Loin s'en faut. C'est un tout, un ensemble, qui est aussi le fruit de mon propre parcours. Comme en elles-même elles sont le fruit d'un système médiatique, d'un système global. Mais sans doute elles en offrent l'exemple le plus éclatant, le plus éclaté sur la place publique. Avec au surplus un privilège particulier. La sensation que les acteurs de ce système ne se rendent compte de rien, ne comprennent rien et semblent dans leur esprit rendre justice à la politique.

Triste monde.

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8 février 2017 3 08 /02 /février /2017 11:07

Au delà de la bombe et de l'affaire au sens propre du terme, la communication des protagonistes de l'affaire Fillon me laisse sans voix.

 

C'est tout ce qu'il ne faut jamais faire en matière de communication. On dirait un cas d'école fait exprès pour montrer tout ce qu'il faut éviter. En somme si vous évitez soigneusement chaque erreur de communication de cette affaire. Vous serez certainement le plus grand communicant qui existe en France et de par le monde.

 

Commençons par le commencement.

 

Comment est-il possible à l'heure actuelle de ne jamais briefé un candidat à la présidentielle. Un communicant ou un homme de confiance aurait dû passer en revue l'intégralité du parcours de François Fillon en entier et sans aucun mensonge, tout savoir sur lui dans ses moindres détails. Il est impératif de prévoir toutes les failles potentielles d'un candidat ou même d'un produit en général pour savoir où et par où les crises pourraient survenir. Qu'on ne vienne pas me dire que François Fillon n'a rien dit et que cela suffisait à mettre à défaut cette procédure. Elle n'a tout simplement pas été faite et la deuxième étape va vous l'expliquer pourquoi.

 

Comment est-ce possible que personne n'est rien vu jamais. L'affaire était l'éléphant dans un magasin de porcelaine, elle était devant les yeux de tout le monde en permanence. Moral, légal, peut importe en matière communicationnel c'était une bombe à retardement. Soit personne n'a pensé qu'elle pourrait péter, soit personne n'a osé dire au candidat ou à son staff que ça allait péter. En tout état de cause c'était un échec lui aussi.

 

Un échec ou s'adjoint l'incompétence. Un mois avant la sortie de l'affaire, les journalistes du Canard Enchaîné ont appelé François Fillon pour lui dire qu'ils enquêtaient sur ce dossier et lui demander ses déclarations. D'après eux il se serait "fermé comme une huître." Donc François Fillon sachant que cela allait sortir n'a rien dit, ou un membre de son équipe au courant de cette enquête ? Un suicide il n'a pas d'autres explications qui tiennent.

 

La crise ayant éclaté, le rejet de l'importance de l'affaire est la preuve de l'aveuglement total des équipes politiques comme l'entourage propre. L'impression de voir un groupe d'aveugles courant vers la falaise en riant. Un massacre. Personne n'a pris la mesure de l'affaire et personne n'a réagit comme il fallait. Par exemple personne n'a cherché à expliquer clairement, simplement les choses. Tout n'a tenu que dans les accusations des messagers de l'affaire, en y adjoignant des accusations de complot au passage et en considérant que ce n'était rien, puisque le système était ainsi.

 

Le pire ennemi de François Fillon c'est François Fillon. Tout au long de l'affaire François Fillon n'a fait que s'enfoncer lui même, donnant sans cesse toutes les munitions nécessaires contre lui. Évoquer ses enfants pour dédouaner sa femme, évoquer son compte bancaire unique alors qu'il était évident que c'était impossible. Son comportement aussi. Hautain, suffisant, arrogant. Lui qui passait pour la personne droite, calme, simple, limite ascétique, devient l'homme méprisant et méprisable aux yeux du public.
Un ami évoquait ainsi sa surprise.
"Comme ce type est passé aussi vite de Saint François d'Assise à Al Capone ?"
Et bien je dirais aussi et surtout par lui-même. Sans évoquer l'idée de son retrait de candidature son comportement était un modèle de ce qu'il ne faut pas faire. Que ce soit dans l'attitude ou dans le ton et le registre.

 

Rien n'était préparé. Que l'équipe n'organise pas un préparatif en cas d'attaque de la sorte paraît dingue mais le summum est atteint par le fait que dans la réponse rien n'était coordonné, personne n'était organisé et surtout personne ne dirigeait tout ça. C'est clairement visible tout au long de l'affaire. Les déclarations s'enchaînent dans une cacophonie totale et surtout dans des directions différentes. Le rôle potentiel de Pénélope Fillon change ainsi d'un interlocuteur à l'autre. Travaillant ainsi à Paris, puis en circonscription selon qui parle.
Dans ce genre de situation la clé est de répondre par un scénario complet et cohérent. Voir alternatif au scénario tissé par les les médias ou les enquêteurs au cas où. Le scénario proposé n'a rien de complet, il est constellé de bribes. Il n'y a rien de cohérent, tout s'effondre sans cesse comme un château de cartes.

 

Au surplus même dans notre monde actuel constellé de réseaux sociaux, de médias de divers ordres. Il faut encore et toujours minimiser les sources d'information mais surtout pas limiter voir supprimer l'information officielle. Car en l'occurrence nous avons eu le droit à des tas d'acteurs s'exprimant sur le sujet mais qui ne disaient rien et évitaient de répondre.
Conséquence comme le secret de l'instruction est devenu un mythe un autre scénario peut tranquillement s'alimenter par d'autres sources d'information, par d'autres canaux, qui eux paraissent cohérents et complets.

 

Enfin les réponses furent tellement hors de propos. A l'heure actuelle une conférence de presse ? A l'heure actuelle, une intervention rapide au journal de 20h et aux micros de médias ? Vraiment ? Tout cela est tellement raté. Il aurait fallu se donner l'occasion d'un entretien bien plus long, avec un unique interviewer (intervieweuse) afin de contrôler cet entretien en même temps. Complet, fort et préparé, fortement préparé surtout. L'accusation des médias, le refus de répondre aux questions. Ce sont les pires choix possible.

 

Franchement dans cette communication au moins rien n'est à sauver. Au contraire tout est à jeter. Une catastrophe.

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27 janvier 2017 5 27 /01 /janvier /2017 11:18

Mes chers amis,

Pour mon retour en ce lieu je me suis dit qu'il fallait voir les choses en grand.
Et comme je me suis actuellement sans emploi j'ai pensé qu'une candidature d'emploi serait plutôt à propos.
Et pourquoi pas au sein d'une institution ayant une certaine importance, envergure.
Comme justement une certaine revue, pour ne pas la nommer la Revue des Deux Mondes faisait un peu l'actualité j'ai pensé à propos de faire rapidement une petite candidature.

Sait-on jamais.

J'ai donc consciencieusement envoyer un petit mail de motivation. A un petit nombre de personnes de la Revue des Deux Mondes. Malheureusement je n'ai pût trouver le mail de Valérie Toranian, Directrice générale de la revue. Pas grave j'enverrais un petit message sur les réseaux sociaux.

 

 

 

 

 



Puis ensuite il faut envoyer un CV. On reste dans le très classique je vise un peu le poste d'homme à tout faire donc forcément ne cherchons pas le compliqué. Mon CV habituel fera largement l'affaire.

 

Et maintenant le reste de l'affaire n'est plus qu'un suivi de cette candidature et le fruit aussi en partie de cet article qui sert à faire la promotion de cette candidature. C'est important la promotion d'une candidature. Il faut se faire connaître auprès des gens qui pourraient vous recruter et je pense pouvoir dire sans me tromper qu'ils ne me connaissent pas vraiment. Donc il faut que je me fasse connaître. En bien ou en mal d'ailleurs. L'importance c'est de se faire connaître. Donc cet article est un peu là pour ça.

N'hésitez donc pas à le partager car je souhaiterais vraiment rejoindre la Revue des Deux Mondes, cela à l'air d'une excellente maison avec un régime social pour ses collaborateurs très agréable. De plus il serait dommage qu'il se prive d'un candidat tel que moi pour leurs équipes non ?

Franchement ?

 

 

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10 mars 2014 1 10 /03 /mars /2014 21:19

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Il y a dans le balet grotesque et grandiose, grandiloquent et puéril autour de Patrick Buisson quelque chose d'étonnant. Une bluette symphonie du nouveau monde.

 

 

Reprenons depuis le début, avec l'espoir du bénéfice du temps un peu passé pour avoir le recul. Le 6 mars 2014 le Canard Enchaîné révèle (même si Le Point en février 2014 l'avait déjà évoqué1) que Patrick Buisson enregistré à son insu Nicolas Sarkozy et tout son entourage, pendant de nombreux mois, voir des années. Verbatim à l'appui leur révélation est bientôt appuyée par le site Atlantico qui en diffuse des extraits2.

 

Si on peut trouver choquant la démarche moralement ou inutile les révélations sur la vie privée, les cris d'orfraies qui y sont associés paraissent avoir si peu de valeur.

 

Premièrement, il paraît évident que la démarche de Buisson est celle de recueillir les enregistrements sous dans l'éventualité d'un futur livre par exemple. Cela accentué par la culture issue de l’extrême droite, d'où est originaire politiquement l'homme, celle de tout conserver, tout noter. Seule bascule, les possibilités technologiques actuelles. On peut trouver cela choquant certainement mais de la à aller jusqu'au scandale d’État, la trahison ou l'horreur c'est juste écrire et dire n'importe quoi.

 

La propension des médias à taper sur Buisson a sans doute pour corollaire leur sage réticence à démonter le personnage quand celui-ci avait l'oreille du Président de la République d'alors. La figure de l'intellectuel maurassien persiste encore. Figure que Nicolas Lebour décortique avec attention d'ailleurs3.

 

Paradoxalement, la prégnance de son discours identitaire sur l'ensemble de la Droite me semble pas avoir susciter autant d'indignations spontanées car suivistes des politiques de tout bord et des médias. Il n'y a qu'à voir Itélé (suivi comme son ombre par l'incommensurable Bruno Roger-Petit toujours prompt à se battre dans le camp du bien s'il y fait doux et chaud4), cette merveilleuse chaîne qui réussit le tour de force de nous rendre sympathique ce petit scribouillard, qui se rêvait Condorcet, en le traquant comme une proie dans les rues sombres de Paris, pour... rien.

 

On se demande même si Buisson n'est pas, à cause de lui et malgré lui, victime de plusieurs phénomènes.

Un, la décomposition de la Droite accentuée par les scandales à répétition5 et le franchissement de plus en plus complet des barrières entre Droite et Extrême droite, via le discours identitaire.

Deux, le retour sur et l'inventaire de la sarkozie non finis et expurgés. Cible facile et modèle de ces années là, Buisson prend les coupes de ceux qui ne peuvent surtout pas taper le Grand Sachem, qui reviendra ou pas.

Trois, du sentiment de gène et de honte de n'avoir pas été à la hauteur avant, de nombreux médias. Comme si taper plus fort maintenant qu'il n'est plus rien et à terre justifierait qu'on est laissé passer plein de choses lorsqu'on le prenait pour le Deus Ex Machina du Faubourg Saint-Honoré.

Quatre, du suivisme de plus en plus systématique des mêmes acteurs médiatiques qui se lisent entre eux et uniquement parfois, se jeter sur le même filon, dès qu'il est découvert (ainsi en est-il de Copé toujours pas poursuivi actuellement mais joyeux punching-ball, à la suite de l'incroyable et surprenante révélation du Point).

 

Enfin cinq, de la victoire partout et sur tout les acteurs, dont votre fieffé serviteur, du jeu sur l'enjeu. Ces petites phrases ont beau rien révéler politiquement elles alimentent facilement la machine à querelles, l'amusement des guéguerres,... Aidé en cela par l'individualisme croissant même en politique c'est le spectacle de marionnettes grotesques commun, distrayant.

 

Paradoxalement encore, en plus de tout cela cette affaire révèle des choses. D'abord elle permet à quelques esprits éclairés de déconstruire le personnage, mais aussi elle permet si on s'attarde un peu de s'interroger sur l'univers médiatique lui-même. Ainsi de son utilisation sans doute lors des conflits entre personnes( en effet on suppute sur le fils ou l'assistante de Patrick Buisson en lutte avec l'homme auraient divulguer les enregistrements). La divulgation sur la place publique, pas si anodine que ça, permet de mettre le doigt sur l'absence de confiance entre acteurs de cet univers. Le mélange vie privée -vie publique. La place de plus en plus grandes de certains technocrates, ou supposés tels, face aux politiques. Rappelons sur Buisson conseillait jusqu'à peu encore Valérie Pécresse et que ces conversations révèlent le poids qu'il pouvait avoir dans les remaniements. Efin la supposée grande intelligence politique de l'animal, le quasi génie messianique6

 

Dans tout ce fatras replacer Buisson à la place et à la valeur qui convient nous apparaît comme la meilleure solution pour l'éclairer et le comprendre. Mais dans l’emballement politico-médiatique, ce jaillissement puéril est-ce si facile ?

 

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1Le Point.fr, publié le 12 février 2014 http://www.lepoint.fr/confidentiels/exclusif-buisson-enregistrait-sarkozy-a-son-insu-12-02-2014-1790925_785.php

3Nicolas Lebourg, « Patrick Buisson n'est ni «intellectuel», ni «maurrassien» », Slate.fr, Publié le 5 Mars 2014 : http://www.slate.fr/story/84233/patrick-buisson-charles-maurras

4Bruno Roger-Petit, « Patrick Buisson traqué par i>Télé : un formidable document qui accable l'ancien conseiller », Publié le 7 Mars 2014 : http://leplus.nouvelobs.com/contribution/1155453-patrick-buisson-traque-par-i-tele-un-formidable-document-qui-accable-l-ancien-conseiller.html

5Affaire Copé, Dassault, Sarkoleaks donc...

6 On le voit très éclairant tout récemment dans sa défense et celle de son avocat. Il aurait été piégé par son dictaphone intelligent qui aurait déclenché les enregistrements à son insu. Vu leur quantité on se demande s'il est bien sérieux ou s'il se moque ouvertement de nous. « Buisson victime d'un dictaphone intelligent », Publié le 10 Mars 2014 : http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2014/03/10/97001-20140310FILWWW00215-buisson-victime-d-un-dictaphone-intelligent.php

Photo en Creatives Commons de Michael Gwyther-Jones : http://www.flickr.com/photos/12587661@N06/

 

 

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18 mars 2013 1 18 /03 /mars /2013 08:21

 

normal kb3La lecture du passionnant et dense panorama de Mar_Lard des comportements sexistes de la communauté geek à amené votre serviteur à de nouvelles réflexions. Elles débutent d'abord sur une interrogation. Pourquoi le questionnement des discriminations de la communauté geek en France comme à l'étranger déchaîne-t-il un tel torrent particulier de passions et de haine ? La disproportion de la violence des propos et leur systématisme dès que cette question est abordée ne peuvent que questionner.

 

Notre humble hypothèse serait qu'on touche là à l'essence de la culture geek ou tout du moins sa représentation. De plus en plus nous supposons de grandes similarités entre celle-ci (plus exactement la culture hacker en fait mais nous pensons que cela peut aussi être étendu) et la pensée libertarienne. Nous y retrouvons en effet une même exaltation de l'individualisme, une promotion du do-it et une conception méritocratique et technocratique de faire société. Fatalement cette conception vient très souvent se heurter au réel. Pour elle les discriminations, les rapports de pouvoir et domination apparaissent plus que des impensés, des impensables. En tout cas si elles ne dépendent pas de la volonté des individus. L'individu n'y est que lui-même sans critère de classe sociale, de religion, de nationalité ou de sexe et donc les discriminations ne peuvent en conséquence exister.

 

Toute cette séquence de réflexion théorique à aussi un impact pratique. Si les discriminations sont impensables les quelques avis critiques qui cherchent à les concevoir deviennent intolérables. En somme tout critique de la communauté ou d'un de ses membres est perçue comme une remise en cause de celle-ci. Dans une précédente étude nous avions appeler ce phénomène le syndrome de « la citadelle assiégée. » Les acteurs se conçoivent à la fois comme la société dans son ensemble et comme dans une citadelle assiégée où il est nécessaire de se battre de manière permanente. Il est d'autant plus prégnant que le mouvement est souvent en lutte sur des causes ou sur sa propre affirmation. Nous retrouvons là en apparence un paradoxe de comportement très tribal, communautaire au sens de Ferdinand Tönnies alors même que Internet et le milieu du jeu vidéo ou des geeks en général supposerait l'abandon de ses réactions et le fonctionnement comme une société. Sauf que cette communauté apparaît aussi en recherche de légitimation et en perpétuel mouvement.

 

Sur le sexisme particulièrement une autre hypothèse serait de considérer que la représentation de la femme est perçue comme partie intégrante de la culture geek. Il s'agit là il nous semble d'une vision marketing de cette culture industrielle (au sens de produits industriels supports de la culture du groupe). La remettre en cause ou même simplement la discuter reviendrait à remettre en cause l'ensemble des bases de la communauté. Mais comme tout communauté celle-ci évolue, change culturellement et sociologiquement. De plus il apparaît comme sain de se questionner quitte à avoir plusieurs réponses et des oppositions. Mais lorsqu'on réfléchit à l'essence ou à la supposée essence de cette communauté nous touchons du doigt à l'insoutenable difficulté de l'impensable. Nous voyons là clairement que la communauté geek bien loin de la perception première d'un simple groupe de fans est traversée de questionnements cultuels et idéologiques majeurs, que ces problématiques rappellent à ceux qui l'auraient oublier ou voudraient l'oublier.

 

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L'ensemble de ce billet est issu de quelques réflexions et hypothèses et ne prétend ni à l'exhaustivité ni à la scientificité pure, juste à essayer de réflechir.


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25 février 2013 1 25 /02 /février /2013 11:52

 

Monet_-_Sonnenaufgang_bei_Etretat.jpgÇa y est c'est la fin et il n'y aura pas de Happy End. Le scénariste s'est foiré ou à voulu se jouer des codes et du spectateur. Il s'est amusé de lui. Même ceux qui espéraient être les metteurs en scène de cette fresque kaléidoscopique n'y ont vu que du feu, ou pas. Sans doute eux-mêmes dans leur for intérieur pensaient-ils éviter l'inévitable. Un peu comme l'homme pris dans les phares d'une voiture espère échapper à l'impact jusqu'à ce qu'il arrive.

 

Pour ceux qui en étaient, les acteurs, un sentiment troublé les envahi. Un goût amer, d'abord dans la bouche, se répand dans tout l'organisme. La politique est un art cruel suscitant autant les vocations qu'elle les condamne au nom de la réalité.

 

Jusqu'au bout la Gauche Populaire fut une belle aventure et votre serviteur n'y regrette aucun de ses actes. Mais comme disait le poète avant de se perdre lui-même : « Jusqu'ici tout va bien. Mais le plus dur ce n'est pas la chute, c'est l'atterrissage. » Ce n'était pas une question d'ego, ça n'aurait pas dû l'être et ça ne le sera jamais. Juste une bataille, une longue et douloureuse bataille qu'on ose sans vergogne appeler « culturelle ». Mais certains bien ou mal intentionnés, seul l'avenir le dira et nous nous garderons de notre jugement ont crû qu'il suffirait de presque rien, qu'il suffirait de presque qu'eux. Étrange comportement pour un mouvement, ou plutôt ces « représentants », cherchant à se rapprocher des catégories populaires que cette fierté, que dis-je cette prétention de suffir. D'être suffisant. Soit, il faut en prendre acte. Comme ces mots adressés aux blogueurs: « J'ai passé l'âge de refaire le monde les blogs. » Sous-entendu à peine voilé, j'ai passé l'âge de faire des gamineries. Mépris ? Là aussi nous laisserons le soin à notre lecteur de juger.

 

En tout cas cette mélancolie est profonde, viscérale et pourtant. Et pourtant les structures disparaissent, les gens aussi mais les idées perdurent. Pour être philosophe on en deviendrait presque aristotélicien. Comme un cadeau du passé à un avenir ignorant ou ignoré.

 

La Gauche Populaire c'est fini. Ceux qui ont voulu être les animateurs ne seront que les jouets d'un pantin désarticulé. Qu'ils s'amusent nous leur souhaitons bonne chance. Les blogueurs, mais aussi les citoyens et citoyennes, les universitaires ou encore les élus de tout horizons, de toute origine voulant se battre non pour faire prendre quelque inflexion au quinquennat actuel mais pour avancer des idées, proposer ce qui peut rassembler les français, les unir, les amener vers un élan commun, un but commun, un sens commun, s'en vont.

 

Mais chaque départ n'est que le commencement d'un voyage, un long voyage, douloureux et complexe mais nécessaire. Quoi qu'il arrive la mélancolie de ce mort-vivant perdurera. On ne quitte pas ce que l'on a aimé sans douleur. Mais rassurez vous ceux qui se sont battus continuerons à se battre, la rage au ventre, l'espoir et la conviction comme seule arme. Pourquoi ? Tout simplement parce qu'il le faut. Parce que notre monde trouble le réclame. Aucun arrivisme, aucune folie des grandeurs là-dedans. Nous ne sommes que des soldats. Nous ne sommes que nous mêmes. Des soldats perdus sans doute mais qui retrouverons vite leur quête.

 

 

Je vous le promet.

 

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14 juin 2012 4 14 /06 /juin /2012 06:34

 

Durant la campagne électorale désiré ou non par le premier intéressé affleurait alors le qualificatif de « normal. » Et jeu de la campagne oblige ses critiques comme ses soutiens. Pour autant parmi les contempteurs peu sont ceux à avoir compris le vrai sens de ce « normal. » Alors qu'ils criaient ils confondaient allègrement normalité avec banalité et ordinarité. Le Président normal c'est d'abord et avant tout un Président dans la norme. C'est à dire un Président qui quitte le comportement anormal, sur-médiatique et monopolistique. Ils se devait alors d'avoir une maîtrise de soi, une humilité, d'autant plus qu'il devait faire montre d'exemple. À ce sujet, si les premières mesures du gouvernement Ayrault de réduire les rémunérations des ministres et maintenant des dirigeants des entreprises publiques ont certainement des caractères démagogiques ils n'en sont pas moins des avancées

 

A ce moment vous pouvez à raison sans nulle doute vous demandez quand va-t-il dire mais ? Car si la nécessité d'être normal m'apparaît claire c'est aussi et surtout parce que le Président de la République n'est pas n'importe qui. Paradoxe intéressant qui a donné à dessein le titre de cet article : « Le Président normal n'est pas un homme normal. » En effet qu'il le veuille ou non un Président de la République incarne la France, il en est la représentation, le symbole. Quand au surplus ils se tient dans un régime de République monarchique ou de Monarchie Républicain c'est selon comme le notre c'est encore plus frappant. Cette incarnation existe d'ailleurs qu'on ai voté pour lui ou non. Et il conviendra pour le Président Hollande puisqu'il s'agit de lui de chercher à se placer au-dessus des partis sans pour autant oublier ses propres idées. Des décennies après son décès l'ombre du Général de Gaulle plane encore.

 

Et c'est là que le bas blesse car si François Hollande a chercher à ne pas être que le Président d'un camp en n'allant pas à des congrès du Parti Socialiste ou en ne menant pas la campagne des législatives (avec un peu d'hypocrisie sur le coup puisque c'est son premier ministre Jean-Marc Ayrault qui pour le coup est envoyé au charbon), une confusion entre le Président normal et l'homme normal demeure. Car François Hollande n'est pas un homme comme un autre, il est Président de la République. S'il se doit de guider son action par des normes c'est aussi et surtout celle de fonction. En cela la photographie officielle faire par Raymond Depardon mais aussi d'autres signes éclairent cette confusion.

 

Les français ne sont pas idiots, il savent que la désignation d'hommes politiques chargés de les représenter construit une élite et ce qu'ils demandent ce n'est pas qu'ils soient comme eux mais qu'ils travaillent pour eux, qu'ils soient à l'écoute d'eux et surtout qu'ils ne s'enferment pas entre eux. François Hollande doit donc être désormais un Président normal et pas un homme normal. Et cet état de fait d'incarnation de la fonction se répercute qu'on le veuille ou non sur son entourage politique mais aussi familial. Sans doute est-ce un reliquat d'une époque révolue mais en devenant cette personnalité on a aussi personnifié le pouvoir. Vous voyez certainement où je veux en venir mais un fameux tweet n'est que le résultat de cette confusion que j'évoquais plus haut. Car non l'expression de Valérie Treiweller n'est pas anodine. Quelle dimension politique, quel intérêt accordé à son expression ? Sans doute aucune. Mais de nombreux observateurs oublient l'image, l'incarnation qui va bien au delà de la valeur intrinsèque des choses et le jeu médiatique aidant, une erreur idiote devient « la première gaffe de France. » Loin de moi l'idée de soutenir les Unes de Libération cela va s'en dire mais tout cela était prévisible et la véritable gaffe est en fait plus cette confusion que ce message qui en est la conséquence.

 

Ainsi François Hollande et ses proches vont devoir faire des choix qui leur paraîtront sans doute absurdes ou injustes mais obligatoires. Car s'il est tout à fait possible d'être le Président normal il est beaucoup moins d'être un homme normal. À moins sans doute de changer la République mais je ne suis pas certain que pour la France ce sera une bonne chose.

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11 mars 2012 7 11 /03 /mars /2012 13:59

 

henri-guaino-conseiller-elysee-salaire.jpg

 

Je reprends la plume (enfin dirais-je presque et heureusement dirait mon maigre auditoire. Merci Maman!) pour vous parler d'un cas étranger et insaisissable : le cas Guaino.

 

Je sais qu'à la sortie de la polémique sur la viande Halal ou Claude Guéant nous a gratifié d'un nouveau dérapage (pléonasme me diront certains et sans doute à raison, quoi que nous y reviendrons un jour), que même le réservé François Fillon y est allé de son couplet et que les Morano, Besson, Hortefeux reste des têtes de Turcs attitrées des commentateurs. Avec une telle facilité que bien qu'ils donnaient le bâton pour se faire battre, l'exercice apparaît semblable à du tir au pigeon à la gaitling dans un couloir d'un mètre de large. Donc je sais que dans ce contexte, l'intérêt pour Henri Guaino apparaît plutôt réduit et même parfois inutile. Nous allons essayer de vous montrer qu'il n'en est rien.

 

Personnellement je ne me considère et espère encore plus à l'avenir comme quelqu'un de l'ombre. Quand certains enfants rêvent de gloire, de succès, je préférais l'arrière-cour et les coulisses. Quand on rêvait de César, Napoléon, Alexandre le Grand, je m'imaginait Machiavel, Aristote et Talleyrand. Sans me comparer à leur immense génie, le mien étant ridicule cela va s'en dire, ces figures n'inspirent cent fois plus encore qu'elles soient passées elles aussi dans la lumière en étant le conseiller.

 

Le conseiller le mot est lâché. Dans cette figure nous retrouvons souvent l'image exécrable du marionnettiste qui contrôle tout le monde et manipule la réalité, du Deus Ex Machina coupable de faire et défaire la réalité à son gré. L'ignoble Raspoutine est ici porté comme l'épouvantail des futurs cauchemars des pourfendeurs du conseiller.

 

A contrario le conseille pour moi celui qui peut informer le souverain ou le leader politique de ce qu'il n'arrive pas lui-même à saisir. On a tôt fait de considérer le politique comme un être omniscient mais il en n'en est rien, il reste humain et comme tout humain, imparfait surtout quand il s'agit de se juger, au surplus cela paraît comme une évidence lorsque l'on connaît l'égo sur-dimensionné des politiques. Il a donc besoin d'un ou plusieurs conseillers pour le ramener à l'a raison.

 

Là où la chose coince est plus particulièrement pour le cas Guaino c'est que la définition du conseiller c'est une tautologie de le dire c'est de conseiller. Il est possible qu'il soit à la fois politique et conseiller même si le résultat n'apparaît guère probant. En tout état de cause sauf cette exception le rôle du conseiller est d'être dans l'ombre. Certes il y une dimension tactique à tout cela. En restant dans l'ombre le conseiller évite de révéler quoi que ce soit sur celui dont il a l'écoute. Jacques Pilhan dont la figure et le modèle sera notre fil conducteur dans ce billet fut ulcéré en voyant la seule photo où il apparaissait. L'ignorance comme le savoir étant une arme, le conseiller vivait heureux, caché.

 

L'autre raison qu'impose au conseiller cette ombre c'est sa légitimité. Si j'accorde bien plus de caractère positif à cette fonction je lui en déni une de suite, la légitimité de s'exprimer en public, en tout cas durant le mandat de son champion. L'unique légitimité qui devrait exister en démocratie devrait elle celle des urnes. Car elle permet de sanctionner la compétence car en tout ce qui apparaît comme compétence de la personne. Je ne nie pas du tout le droit à des spécialistes d'un domaine de donner leur avis au contraire. Mais leur statut est différent. Ils représentent là un savoir ou ici la société civile. Le conseiller qui s'exprime est le politique au sens du politicien, sans la sanction des urnes. De quel droit ce personnage dont l'accès à la fonction est très versatile, pourrait donner son opinion ? Le cul entre deux chaises il se prévaut à la fois des prérogatives de spécialiste et de politique, usant des avantages des deux fontions sans en avoir les inconvénients.

 

Henri Guaino semble le paroxysme de cette situation. Intervenant dans de nombreux médias qui se délectent de pouvoir entendre parfois des confidences de coulisse de campagne ou ce qu'ils imaginent être une parole différente, vraie car moins politique. Et à ce sujet son intervention lors du meeting de Villepint en est l'incroyable démonstration.

 

Je suis trop jeune pour avoir vu comment agissaient à ce sujet Alain Minc ou Jacques Attali mais si ce fut dans la même logique je ferais la même conclusion. Ils n'avaient pas à s'exprimer.

 

Pour Henri Guaino il y a au surplus quelque chose d'ubuesque à le voir critique un élu cette fois sur sa légitimité à lui.

 

 

 

 

En langage vulgaire on dit que c'est l’hôpital qui se moque de la charité. Dans mon langage je dis que c'est une connerie.

 

Le plus étrange dans cette affaire c'est que cela semble une tendance générale qui se tient dans le même process que la disparition public-privé, politique-psychologique, conseillers-hommes politiques. En somme Henri Guaino n'est que la figure de proue, la tête de pont désinvolte de cette tournure. Je sais que sans doute je rame à contre-courant mais qu'importe, la politique est si ce n'est un métier, une fonction et le mélange des genres devrait être le plus possible banni.

 

Quelques mots pour conclure. Je n'ai pas une foi relayerf le fond de la pensée ou de l'expression d'Henri Guaino. Tout simplement parce qu'importe ce fond, car le contexte importe plus. Un conseiller n'a pas à s'exprimer et certainement pas de la sorte. Si Jacques Pilhan fut décrié et sans doute à juste titre il eut sur ce point mille fois raison.

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25 avril 2011 1 25 /04 /avril /2011 09:44

 

 

293294-160928-jpg_177877_434x276.jpgPetit retour en arrière. Nous sommes le 13 avril 2011. Ville de Sevran en Seine-Saint-Denis. Le maire, Stéphane Gatignon était un ancien membre du Parti Communiste français, en novembre 2009 il avait choisi de rompre définitivement avec celui-ci et de rejoindre le rassemblement d'Europe Écologie. Ce jour d'Avril c'est cette ville que choisi Nicolas Hulot pour lancer sa candidature à la présidentielle française. Stéphane Gatignon et Nicolas Hulot se sont entendu pour cela. Le moment est important, pour l'animateur, pour le mouvement d'Europe Écologie, mais aussi pour les médias. Il doit marquer le lancement d'une campagne, il doit frapper les esprits.

 

Résultat.

 

Un homme stressé, angoissé, devant un fond bleu terne, qui ne répondra à aucune question et partira rapidement sur son scooter électrique. Pas de fête, pas de flonflons, même pas bio. Le sentiment d'un pétard mouillé envahit notamment les rédactions. Bien évidemment il ne fallait pas s'attendre à la grande déconne, à l'explosion de joie et même au fait que Nicolas Hulot débatte, il ne s'agissait là que d'une déclaration de candidature, mais la froideur est importante et ne tranche guère dans le paysage écologiste.

 

Depuis le lancement du mouvement de l'écologie politique en France, que l'on peut à peu près situé en 1974 soit la candidature de René Dumont à l'élection présidentielle, celle-ci s'est toujours montré comme différente, voulant bouleverser les dogmes établies, en somme révolutionnaire au sens de changement, de bouleversement même. L'écologie paraissait alors être l'âme de doux rêveurs, les mouvements New Age, néo-ruraux et hippies concevaient un monde différent, qui n'était pas fondé sur le profit et la réussite à tout prix et qui n'imposait pas non plus l'action violente ou encore l'établissement d'un état strict. Une sorte d'utopie libertaire et bienveillante. Mais l'écologie se trouvait dès l'origine face à un paradoxe.

 

L'ensemble des partis politiques classiques, auxquels ils s'opposaient donc percevait le plus souvent le progrès comme une chance, le progrès technologique, le progrès industriel, le progrès économique ou encore le progrès social. Le progrès est en soit une notion méliorative. Il vient de progressus qui renvoie à l'idée d'avancer, d'améliorer vers un stade meilleure. Le progrès est donc dès l'origine valoriser.

 

Là où les écologistes commencent à se placer c'est sûr l'idée qu'il y aurait une qualité au progrès en somme le progrès ne serait pas bien en soit mais parce qu'il apporte quelque chose. Mais s'il y a du bon progrès il y aurait nécessairement du mauvais progrès. On trouve aussi cette vision des choses dans une nouvelle culture qui semble rassembler l'ensemble de la société mondiale « l'individuo-globalisme. » Ce terme que nous devons à Raphaël Logier signifie la conjonction d'un souci de soi (par le bien du bien-être, de la créativité et de la connaissance de soi) et la conscience du monde. Nous serions en somme un être indépendant dans un tout global. Pour Lioger c'est aussi ce qui expliquerait l'attrait que pût avoir le bouddhisme tibétain. De la même manière qu'il y aurait un bon et un mauvais progrès il y aurait des bonnes et des mauvaises sciences, il y aurait d'un côté l'homéopathie, la théorie des cordes,... et de l'autre celle qui aurait inventé les OGM, la bombe nucléaire.

 

Dans cette mouvance générale les écologistes venaient de replacer la morale et la valeur au centre du débat. L'action politique tout comme l'action scientifique ne pouvait plus être immorale et sans valeur. Il fallait donc contrôler a priori les actions et s'assurer de cela. Le mouvement parvenait aussi à atteindre le tour de force d'allier actions spectaculaires : arrachages d'OGM, campagnes chocs, sit-in ; et valeurs prônant un retour à un ordre moral. Il replaçait aussi l'être humain qui se croyait comme Descartes l'imaginait maître et possesseur de la nature, dans celle-ci, peut-être au cœur mais certainement pas au-dessus d'elle. Bien évidemment la prise de conscience écologique ne date pas de l'existence du parti des Verts en France mais la diffusion de son message politique au plus grand nombre commence à se placer à cet époque.

 

Mais l'écologie fait-elle rêver ? Fait-elle penser réellement à un autre idéal ? Il faut là aussi revenir au sens du mot que nous avions évoquer plus haut. Révolution. Du latin revolvere, rouler en arrière. La Révolution n'a pas nécessairement le sens qu'on lui donne parfois de détruire les dogmes établis, une sorte de moyen de casser ce qui existait. Elle peut-être un simple retour en arrière.

 

L'écologie politique semble être l'ouverture encore plus grande de cette dogmatisation du processus de prise en compte que le progrès n'est pas bien en soit, qu'il a une qualité. En effet des personnalités proposant une valorisation, une amélioration de nos actions et une attention à l'avenir basculent souvent dans un certain conformisme à son contact. Yannick Jadot ancien directeur de Greenpeace France devenu député européen, José Bové, porte-parole de la confédération paysanne. Que l'on soutienne ou non leurs combat, la forme de ceux-ci montraient clairement un renouvellement et un non-conformisme aux codes de l'action publique. Ils présentaient un caractère clairement anti-conservateur.

 

Mais c'est à se demander si l'anti-conservatisme d'avant n'est as devenu le conservatisme de maintenant lorsque l'on voit que les deux candidats à la primaire Europe Écologie – Les Verts semblent du moins en apparence nettement conservateurs.

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17 avril 2011 7 17 /04 /avril /2011 09:53

 

Réflexions autour de la notion de conflits d'intérêts

 

L'assistance au forum de Libération qui vient d'avoir lieu à Rennes m'a permis entre autre de réfléchir à nouveau sur la notion de conflits d'intérêts. Notons au passage le tour de force de cet événement, ce qui en prouve à la fois sa qualité et son intérêt, me faire dire du bien de Libération. Mais il y a là à la fois hors sujet et pique mesquine.

 

L'intervention notamment mais pas seulement d'Elisabeth Guigou et de Martin Hirsch sur la question m'a amené moi aussi à m'interroger encore une fois sur ce sujet.

 

 

Tout d'abord sur ce que l'on appelle conflit d'intérêts ? Car la notion semble emplit d'une définition vague, floue et très relative. Et étonnamment ou non c'est peut-être ce qui lui donne la plus grande vivacité, car on peut y mettre totalement tout et son contraire. En effet il n'existe aucune définition juridique française du conflit d'intérêts. La corruption, la subordination sont elles définies mais le conflit d'intérêt reste dans un flou artistique total.

 

Cette absence de définition pose directement la question du pourquoi. Pourquoi il n'y a pas eu encore de définition de cette notion. Elisabeth Guigou posait l'idée que le fonctionnement de nos institutions étaient en France idéalisé, que par leur existence même elles provoquaient comportements vertueux et assurance du travail pour le bien commun. Je rejoins totalement cette idée et sans nul doute cette absence de définition provient en partie de ce colbertisme. Cette propension conduit aussi nos hommes politiques et même les français en général à la conception idéalisée de la loi. En somme la loi peut tout. Il suffit de faire émerger un texte pour que les conséquences sociales et culturelles en découlent nécessairement. En cela d'ailleurs la démarche politique de Nicolas Sarkozy et de ses affidés n'en est que l'exceptionnelle exacerbation.

 

Un problème → une loi → plus de problème.

 

Mais dans le même temps il est indéniable que cela va plus loin. Il y a aussi chez nos hommes politiques mais parfois même chez les français en général une mentalité du rejet de l'idée même de conflit d'intérêt.

Avant de développer cette théorie, l'intervention d'une personne dans la salle par une question confirme cette opinion que cette mentalité que je vais définir ne se limite nullement aux hommes politiques eux-mêmes. En effet les personnes ayant été condamnés pour des faits de corruption, de subordination ou autres, se retrouvaient parfois triomphalement élus quelques temps après. Si Martin Hirsch considérait que le peuple n'a pas de raison d'être vertueux il faut tout de même relever qu'il y a là les preuves d'une culture particulière.

Cette culture n'est nullement celle de l'illégalité. Les hommes politiques que ce soit à l'époque où les lois sur les financements des partis ou des campagnes politiques n'existaient pas ou maintenant où elles sont plutôt bien développés ont certainement en premier l'idée d'un bien commun, d'un intérêt public. Quoi que pour certains ont peut en douter mais passons. En règle générale en tout cas l'idée n'est pas de transgresser la légalité mais pire de considérer les situations comme normales, comme allant de soi, au surplus souvent parce que d'autres auparavant en ont fait de même. En somme pour reprendre la métaphore que j'affectionne bien. Si d'autres ont grillé un feu et n'ont pas été arrêté je peux le faire. Mais là en pire car ici le fait de griller le feu ne conduirait pas à une poursuite. Les réactions étranges, quasi même surréalistes des hommes et femmes politiques aux prises avec cet indéfini qu'est le conflit d'intérêts ne se comprenne qu'ainsi. La culture inculquée étant celle là :

 

« Tant que c'est légal il n'y a pas de problème. »

 

En somme on en revient au titre de ce billet : la légalité comme normalité. Tout ce que légalement je peux faire, je peux le faire jusqu'à l'abus et sans aucune honte. Cette culture et ce comportement social va jusqu'à un tel point que chez certains la mise en accusation ou même simplement le reproche leur paraît totalement fou et illogique. Ils ne peuvent concevoir l'idée même qu'il y est problème. C'est là que le débat est tronqué. La plupart des hommes politiques sont des personnes intelligentes, raisonnables et même tournés vers l'intérêt public. Mais ils ne voient là nullement détournement de celui-ci, au contraire. Et pourtant c'est totalement le cas. Par exemple le comportement de Christian Estrosi, logeant sa fille dans un appartement de fonction est le summum de cette confusion. Le bien public devenant bien à usage de la fonction publique. En somme ce qui paraît à combattre n'est pas que l'illégalité mais la normalité institué de dérives. Car ces dérives si elles éclatent chez des personnages politiques nationaux et de haut rang sont totalement diffusées à l'ensemble des institutions de la République.

 

Avant de développer un autre point, ne tombons pas non plus dans la caricature du tous pourris. Il est évident que l'intérêt public et du bien commun est premier et que beaucoup d'hommes politiques et de responsables publics sont honnêtes et n'ont pas nécessairement intégré cette vision des choses. Votre serviteur ne pourrait parler de la question politique en ces termes s'il n'y croyait pas. Mais il est indéniable que pour défendre et protéger la chose politique la modification de ces comportements est indispensable. La réponse n'est donc pas seulement et uniquement légale – même si elle l'est – comme on a trop souvent tort de le penser, elle est aussi culturelle et sociale, elle est la modification d'une vision de l’État et de la chose publique.

 

 

Quelles réponses à donner à tout cela ? Loin de donner des solutions magiques à la question les deux intervenants tout comme la commission Sauvet et moi même – loi de moi l'idée de m'y comparer soyez tranquilles – préconisent souvent des mesures pratiques, pragmatiques et circonstanciées. Facile à dire et paradoxal surtout quant-on parle de donner une définition juridique de cette notion. Mais cela démontre une nouvelle fois la malléabilité et la variabilité du conflit d'intérêts et donc son extraordinaire force et importance dans le paysage politique qui se dessine à l'avenir. Personnellement si je souscris en grande partie aux réponses de la commission Sauvet je reste circonspect quant-au fait qu'elle n'ait pût toucher les parlementaires et qu'elle ne traite nullement de la question du lobbying et de sa fausse disparition en France. Mais elle montre au moins une volonté d'avancer.

 

Car c'est aussi ça que démontre l'émergence brutale et radicale de cette notion polymorphe. Le changement d'époque et de vision du politique. Nous pouvons le regretter mais la pénétration d'une vertu au sein du politique semble être indéniable. Personnellement s'il faut que je donne mon opinion je ne le regrette nullement mais bon passons mon opinion n'intéresse que peu de monde. En tout cas ce qui hier semblait anodin, ridicule, presque normal que ce soit aux yeux des hommes politiques comme des citoyens paraît d'un coup plus scandaleux. Et si parfois le prisme médiatique peu jouer et que le scandale se porte sur de l'anecdotique il paraît certain que nous ne sommes plus sur les mêmes façons de penser. Et c'est peut-être ça le pire en fait. Non par elle même bien sûr mais par le fait que de leur côté, comme nous le démontrions, les hommes politiques et les institutions publiques de haut rang n'ont pas dans leur majorité encore compris ce changement d'angle de vue. Ils n'ont pas perçu que ce qu'ils faisaient avant et qui ne dérangeait pas choque désormais. Et par cette brutale confrontation entre une vision du passé et une vision actuelle, surgit directement une séparation, une dichotomie voir une opposition entre ce que l'on appelle souvent les élites et les gens d'en bas. Loin de batifoler, de se repaître et même pire de jouir du malheur des gens d'en bas les élites sont dans une situation pire encore, car la moralité ne parvient pas totalement à faire changer cela. Ils pensent bien agir mais agissent mal. Ils ne voient même nullement mal dans leur action. Ce changement d'époque et de ton, peut-être exagéré, est sans nul doute à l'origine d'une coupure qui peut provoquer désastres sur désastres dans l'opinion sur les comportements des dites « élites. » Il est donc indéniable de le prendre en compte et en considération et de changer radicalement de modèle culturel pour éviter aussi un désastre de la démocratie.

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