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4 février 2011 5 04 /02 /février /2011 21:12

 

Alors qu'un chef d'escadron de gendarmerie dans le Gard est dans la tourmente suite à l'utilisation de gaz lacrymogène durant une manifestation, je profite de l'occasion qui m'est donné pour m'interroger sur l'avenir de la gendarmerie.

 

 


 

 

 

Oui je sais ceci n'est qu'un prétexte mais qu'importe je l'assume.

 

Au départ en fait j'avais porté mon intérêt sur ceci.

 

En effet on entend très souvent la colère et le désarroi des policiers dans la presse. Le syndicalisme y est d'ailleurs très développé. Mais du côté de la gendarmerie on reste abonné à la grande muette. Si celle-ci fait de plus en plus qu'uniquement des missions de police elle reste une force militaire. Qui dit force militaire dit interdiction de manifestation, de syndicalisme mais aussi d'expression publique. Pourtant la gendarmerie est soumis aux mêmes conditions parfois pire de vie des policiers. Car il faut rajouter, le non paiement des heures supplémentaires, la disponibilité en permanence entre autre.

 

Ce qui est paradoxal c'est que je suis qui considère que le chef d'escadron Jean-Hugues Matelly a selon cette règle été logiquement sanctionné. Moralement c'est peut être autre chose mais concernant il est normal que l'on subisse des sanctions du fait du statut.

 

Le problème est ailleurs il est que entre autre le rapprochement police-gendarmerie est perçu à tort ou raison par les gendarmes comme leur étant préjudiciable. Les avantages du corps d'armée disparaisse petit à petit sans pour autant que cela soit compensé par d'autres avantages. Et comme tout force de police ils ont à présent une réputation difficile que cette polémique ne va pas aider.

 

Et pourtant les sondages montrent que les français sont attachés à leur gendarmerie. Ils font bien car le processus de concentration des effectifs est clairement en marche. La logique du chiffre aussi. En somme on regroupe des brigades en communauté de brigade, on en supprime certaines pour qu'elles soient productives. Ce processus d'ailleurs date de bien avant le rapprochement police-gendarmerie ou même le placement sous l'autorité du ministère de l'intérieur. Mais par là même on oublie un critère fondamental des forces de sécurité, l'occupation du terrain, chose oublier aussi dans de nombreux lieux ailleurs.

 

Je l'ai toujours dit je suis un partisan de la sécurité et utiliser des forces de police ou même l'armée dans certaines circonstances ne me dérange en rien. La répression n'est pas forcément un mauvais mot. Le tout est bien évidemment de rester dans un état de droit et donc de conserver la vertu de la légalité et d'une limite. Alors dans ce cas quoi de mieux que l'occupation du terrain, par un tissu d'effectif ? On assure le sentiment de sécurité, on est pas obliger de réprimer et en plus on peut faire de la prévention.

 

Étrangement les gouvernements de droite comme de gauche mais encore plus sous la présidence de Nicolas Sarkozy font le pari inverse. Il faut chercher à frapper fort sur certains endroits pour montrer la force. En fait non je ne trouve pas cela étrange, c'est le principe de la politique soit-disante « nouvelle », celui de la démonstration plutôt de l'action. M'enfin je préfère retenir celui utiliser dans la dissuasion nucléaire par exemple : « faire montre de la force pour ne pas à avoir à l'utiliser. »

 

Le pire est la logique chiffrée qui est utilisée avec une aberration totale. Les statistiques ne sont pas mauvaises en sommes comme tout procédé technique mais elles ont été détournées pour servir l'idée d'une diminution progressive de la délinquance. En somme au lieu de mesurer ce qui existe on mesure ce que l'on dit qu'on a réussit à faire. Le gouvernement de Sarkozy n'a rien inventé, de tout temps ce fut le temps mais il a poussé à son paroxysme une logique de chiffre au sein de l'ensemble des forces de police, conduisant parfois à des ambiances détestables.

 

Une ambiance détestable qui mine les rapports police-gendarmerie d'ailleurs. La réaction du syndicat Unité SGP-Police quand à la création de « milices armées » par l'extension de la réserve police via la loi LOPPSI laisse pantois. Certes il s'agit d'un discours de syndicalisme mais tout de même. Il faut en effet se rappeler que la réserve existe depuis des années de cette façon en gendarmerie sans des problèmes majeurs. Et l'on peut critiquer l'application réelle et que l'on doit fermement se demander :

  • Quelle formation ?

  • Question de cumul des deux réserves ?

  • Pour quelles missions ?

  • Question des heures supplémentaires ?

  • Quel risque pour les personnels ?

 

On ne peut aussi que critiquer cette façon de réagir à des bonnes questions par de mauvaises réponses histoires de jouer l'image. La réserve en gendarmerie étant elle aussi en questionnement ne faudrait-il pas simplement la repenser ?

 

En fait on le comprend aisément c'est l'ensemble de la question de la sécurité qu'il faut repenser. Mais au final on à la droit simplement à un usage de communicant, une restriction budgétaire et une logique de gestion de stocks.

 

Pas étonnant que quand un gendarme ou un policier dérive c'est tout la profession qui soit montrée du doigt, jugée et subisse une mauvaise réputation.

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Published by respolitica.over-blog.fr - dans Sécurité
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