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14 février 2011 1 14 /02 /février /2011 18:49

sarkozy.jpg

 

 

Pourquoi le Président est mauvais mais reste central.

 

 

Alors qu'en Égypte le Président Moubarak chancelait et même chutait par la suite, en France l'on s’interrogeait plus sur l'intervention d'un autre Président, le Président Nicolas Sarkozy. Loin de moi l'idée de comparer l'un et l'autre comme il a pût être fait parfois sur Internet et plus particulièrement sur Facebook. Nous vivons en démocratie, l'Egypte de Moubarak était une autocratie bien que l'on ne le voyait pas dans le discours de nombreux politiques. La remarque provient plutôt de l'importance donnée aux évènements. Comment l'intervention d'un Président en cours de mandat peut être considérée comme d'égale voir de plus grande importance que celle d'un Président en difficulté qui semble marquer un tournant historique de ce pays ?

 

Car si cette intervention avant même qu'elle est bien eu lieu était déjà critiquée sur la forme et sur le fond comme mauvaise voir inutile. Elle occupait tout de même l'ensemble des discussions, articles, éditoriaux. Le paradoxe est ici certain. Il s'explique en partie par la place du Président de la République dans nos institutions. En effet bien que l'on considérait, à tort ou à raison – personnellement je pense à raison – que le Président Jacques Chirac comme ne faisant plus rien à partir de 1997, ses interventions, déplacements, déclarations étaient suivies et retransmises dans les médias. Il s'explique aussi par la tendance franco-centrée des médias et des comportements en France. Les équipes de journalistes dans les services International et Europe restent réduits et même diminuent et cela se ressent dans les sujets traités. La priorité est donnée de plus en plus aux nationaux parfois en dépit de l'importance des sujets. Ainsi les évènements de Tunisie ont mis du temps à s'installer dans le paysage médiatique

 

Mais la personnalité et le comportement de Nicolas Sarkozy explique aussi cette importance. Qu'on l'aime ou qu'on le déteste il s'est imposé comme un personnage central de notre politique, voir le personnage central. Dans sa campagne puis dans son mandat il a sût devenir le maître du temps et des sujets sur l'ensemble du paysage politique français. Sa prégnance sur le gouvernement, le parlement si elle est moquée donne aussi à son discours une portée jamais égalée, avec le risque du revers de la médaille bien sûr. Et à l'inverse les réactions des oppositions ou de courants politiques restent atones. En fait elles sont nullement inexistantes. Malgré l'idée que l'on se fait l'ensemble des partis politiques dont la gauche avaient des projets sur les retraites, en ont sur la sécurité, l'international,... Mais que ce soit de la médiatisation ou même de l'expression on n'en reçoit que peu.

 

Cela vient principalement que la réponse à l'hyper-présidence donnée par les partis politiques est celle d'une critique et une contradiction. Ainsi pour l'émission fut organisé une veille internet et des interventions le lendemain dans les journaux télévisés. Cette technique pratique bien que utile équivaut à donner au Président de la République la paternité et l'origine de chaque action politique, une nouvelle fois.

 

Je rejoins immédiatement mon collègue blogueur Romain Pigenel dans son analyse. Alors qu'une contre émission même sur internet aurait joué la carte d'un autre temps, la veille déjà présente parmi la communauté de blogueurs de gauche et même au delà paraît suiviste.

 

Le sentiment général est celui de personnes accrochées aux paroles présidentielles que ce soit pour les critiquer ou pour les appuyer. Il apparaît comme à l'origine de tout, au centre de tout. La politique à se composer autour de lui, pour le meilleur ou pour le pire. Même sur les sujets internationaux il a fallu que l'on parle de Michèle Alliot-Marie, de l’Égypte de François Fillon. Certes ces sujets n'étaient pas anodins et inutiles mais les évènements de ces pays ne se suffisaient pas à eux mêmes.

 

Il apparaît donc comme évident que celui qui parviendra à retourner cet état de fait avant ou pendant la campagne gagnera par la même de profonds appuis pour l'élection. S'il s'agit de Nicolas Sarkozy lui il conservera donc cet avantage. Mais vous ne direz que cet avantage est celui de la communication au sens le plus détestable du terme. Certes mais cela n'en retire par le fait que s'en soit un. Et que dans le contexte politique actuel dans lequel Nicolas Sarkozy a mit sa contribution il n'est pas inutile de réfléchir à la question.

 

Pour conclure je vais enfin vous dire pourquoi ce titre. « La poule et le couteau. » Parce que bien que courue d'avance et le fait d'une redite cette émission à fasciner les analystes de la question politique de tout horizon, comme un couteau fascine la poule qui ne le quitte pas des yeux. Et que surtout au lieu d'y voir le spectacle de cette fascination et d'analyser le pourquoi et le comment on est resté à savoir si la poule serait belle et si le couteau serait planté bien droit.

 

Je vous laisse j'ai une petite idée quoi faire personnellement.

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Published by respolitica.over-blog.fr - dans Communication et plus si affinités
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commentaires

Benoît 15/02/2011 23:43


Bravo pour ce blog qui se lance, c'est toujours bien de voir de nouvelles têtes :)

Je suis d'accord avec toi, Sarko polarise, encore et toujours la parole publique : avec ou contre lui.

Ce qui devient assez gênant, c'est que sa parole est de plus en plus creuse. Ca ne contribue pas, hélas à élever le débat... :(


respolitica.over-blog.fr 20/02/2011 19:59



Le problème c'est que dans le système politique actuel et je suis le premier à le regretter le contenu de la parole politique importe moins que son existence. En somme l'évènement surplante
l'avènement. Le dire sur le faire. Sarkozy n'est qu'un avatar de cela, une émanation, sans doute l'incarnation mais parce qu'il doit être à une situation plus avancée que les autres. J'ai
l'impression que peu d'hommes politiques comprennent que le dire et le faire sont une seule et même chose qui est l'agir. Mais bon il faut pas trop leur demander non plus.


 


Et merci pour le soutien.